Accueil ->Droit du Travail Salarié ->Conflits et Relations de Travail ->Avertissement, Rétrogradation... ->Actualités
Retour aux Actualités Avertissement, Rétrogradation...
Refus d’une rétrogradation disciplinaire par le salarié : dans quel délai l’employeur peut-il notifier une nouvelle sanction ?
Par Juritravail | 17-04-2007 | 0 commentaire(s) | 14893 vues
Lorsque l’employeur envisage une sanction qui modifie votre contrat de travail, telle une rétrogradation ou une mutation disciplinaire dans un autre secteur géographique (sauf en cas de clause de mobilité), vous avez le droit de la refuser. En effet, aucune modification du contrat ne peut vous être imposée, même à titre disciplinaire.
Toutefois, vous prenez le risque que l’employeur prononce une autre sanction qui sera, dans la plupart des cas, un licenciement. Dans un tel cas, il doit de nouveau respecter la procédure disciplinaire et notamment le délai prévu par l’article L. 122-41 du Code du travail pour notifier le licenciement. Mais la notification du licenciement doit-elle intervenir dans le délai d’un mois à compter du premier ou du second entretien préalable ?
L’histoire :
M. X, engagé en qualité d’ingénieur consultant, a été convoqué, le 28 décembre 2001, à un entretien préalable « à une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement ». Il a ensuite reçu une lettre lui notifiant sa rétrogradation disciplinaire au poste d’ingénieur commercial. Ce dernier ayant refusé cette sanction, l’employeur l’a convoqué à un nouvel entretien préalable qui s’est tenu le 25 mars 2002 et l’a licencié pour faute grave le 28 mars suivant.
Le salarié a saisi le Conseil de Prud’hommes d’une demande d’indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse. En effet, selon lui, il avait droit à cette indemnité car la notification du licenciement était intervenue après l'expiration du délai d'un mois qui courait à compter du premier entretien préalable.
Ce que disent les juges :
Lorsque le salarié refuse une mesure de rétrogradation disciplinaire notifiée après un premier entretien préalable, l’employeur, qui envisage de prononcer un licenciement au lieu de la sanction refusée, doit convoquer le salarié à un nouvel entretien.
Par conséquent, le délai d’un mois pour notifier le licenciement court à compter de la date fixée pour ce nouvel entretien.
Le licenciement de M. X ayant été notifié dans le mois suivant l’entretien préalable au licenciement, il a une cause réelle et sérieuse. Le salarié n’a donc pas droit à l’indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Ce qu’il faut retenir :
Entretien préalable à la sanction disciplinaire | ||||||||||||||||
| 1 mois maximum | ||||||||||||||||
Notification par l'employeur de la rétrogradation du salarié en lui demandant s'il accepte la sanction et la modification du contrat en résultant | ||||||||||||||||
| Délai raisonnable | ||||||||||||||||
Le salarié refuse la sanction par écrit ou tacitement | Le salarié accepte la sanction par écrit | |||||||||||||||
![]() | ||||||||||||||||
L'employeur décide de prononcer une autre sanction.Il doit de nouveau respecter la procédure disciplinaire | L'employeur décide de poursuivre le contrat aux conditions antérieures | ![]() | Avenant au contrat de travail | ![]() | ||||||||||||
![]() | ||||||||||||||||
Entretien préalable | ||||||||||||||||
![]() | ||||||||||||||||
| Nouveau délai d'1 mois maximum | ||||||||||||||||
| Notification de la nouvelle sanction | ||||||||||||||||
Par Juritravail
Article de Loi :Arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation du 27 mars 2007 n° 05-41921
Retour au Dossier: Avertissement, Rétrogradation...
Autres thèmes associés
















Commentez cette actualité Ou Forum : Posez une question
Vos Réactions Réagir
Pour mieux comprendre le sujet, Juritravail vous propose (contenu payant) :