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Prise d’acte de la rupture : « autolicenciez-vous » en cas de manquement grave de l'employeur

Par Juritravail | 18-01-2008 | 0 commentaire(s) | 18880 vues


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Votre employeur ne vous a pas rémunéré ou a oublié de vous comptabiliser des heures de travail effectuées. Sachez que vous pouvez agir. En effet, dès lors que votre employeur a manqué gravement à ses obligations, il vous est possible de rompre votre contrat de travail (on parle de prise d’acte de la rupture). Il appartiendra dès lors au juge prud’homal d’analyser cette rupture en un licenciement sans cause réelle et sérieuse s’il s’avère que votre employeur a réellement manqué à ses obligations. A défaut de manquement grave, le juge estimera que la rupture produit les effets d’une démission.

Pouvez-vous demander au juge la requalification d’une démission, motivée par des violences physiques de l’employeur, en licenciement sans cause réelle et sérieuse ?

L’histoire :

Une salariée, engagée en qualité de secrétaire sténodactylographe, décide de démissionner. Elle adresse à son employeur une lettre notifiant la rupture de son contrat de travail. Dans son courrier, la salariée justifie sa démission en raison des violences physiques que son employeur lui a fait subir.

Elle saisit néanmoins le conseil de prud’hommes afin d’obtenir la requalification de sa démission en licenciement sans cause réelle et sérieuse.


Ce que disent les juges :

Les juges rappellent que la démission d’un salarié, en raison de faits qu’il reproche à son employeur, s’analyse en une prise d’acte et produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse si les faits invoqués la justifient. Dans le cas contraire, cette rupture correspond à une démission.

Les juges estiment que toute atteinte à l’intégrité physique ou morale d’un salarié constitue un manquement grave aux obligations de l’employeur justifiant la rupture à ses torts du contrat de travail.

Les juges considèrent que les violences physiques relatées par la salariée dans sa lettre de démission sont établies. Les juges décident donc de requalifier la démission en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Par Juritravail

Article de Loi :
Arrêt de la Chambre sociale de la Cour de cassation du 30 octobre 2007, N° 06-43327.
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