Le licenciement pour motif économique n’est justifié que dans la mesure où l’employeur a respecté les nombreuses règles édictées par le droit du travail. Une étude de la jurisprudence des 12 derniers mois nous révèle quelques erreurs, non exhaustives, qui ont coûté cher à certains employeurs.
Face à un licenciement ne laissez rien au hasard en procédant par étape :
1ère étape : vérifiez que votre employeur a respecté son obligation de reclassement.
Principe : l’employeur ne peut procéder à un licenciement économique que s’il a épuisé toutes les possibilités de reclassement.
Les erreurs commises par d’autres et, peut être par votre employeur :
Un plan social a été mis en place et il contient des actions de reclassement. Votre employeur a estimé qu’il avait donc rempli son obligation de reclassement.
Faux : le plan social ne suffit pas. Si votre employeur ne vous a pas fait de propositions de reclassement personnelles, votre licenciement est considéré comme étant sans cause réelle et sérieuse.
Dans l'une des sociétés du groupe, un poste qui aurait pu vous être offert a été pourvu par un recrutement extérieur alors même que votre procédure de licenciement était en cours.
Votre employeur n’a donc pas respecté son obligation de reclassement. Votre licenciement peut être considéré comme étant sans cause réelle et sérieuse.
2ème étape : Vérifiez que votre employeur a respecté l’ordre des licenciements
Principe : l’employeur, qui licencie pour motif économique plusieurs salariés, doit fixer l’ordre des licenciements.
Les erreurs commises par d’autres et, peut être par votre employeur :
Tous les salariés, de la même catégorie professionnelle que vous, feront à terme l’objet d’un licenciement pour motif économique. De ce fait, votre employeur a estimé qu’il n’était pas nécessaire de procéder à la mise en place de critères d’ordre des licenciements.
Faux : la règle de non application des critères ne joue qu'en cas de licenciements simultanés de tous les salariés de la catégorie visée. Vous pouvez obtenir une indemnité afin de réparer votre préjudice.
Votre convention collective contient des dispositions fixant l’ordre des licenciements. Toutefois, votre employeur a fixé d’autres critères.
Votre employeur doit respecter les critères fixés par la convention collective. Vous pouvez demander réparation de votre préjudice.
3ème étape : Vérifiez que votre employeur justifie d’un motif économique valable
Principe : l’employeur ne peut procéder à un licenciement économique que lorsqu’il y a :
- transformation d’emploi
- suppression d’emploi
- modification, refusée par le salarié, d’un élément essentiel de son contrat de travail

dû à des difficultés économiques ou à des mutations technologiques, ou encore, à une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité.
Les erreurs commises par d’autres et, peut être par votre employeur :
La lettre de licenciement fait état de motifs économiques sans expliquer les répercussions de ceux-ci sur votre emploi.
La lettre de licenciement fait état de la perte d’un marché ou la perte d’un contrat de prestation de service (etc.) ayant entraîné la suppression de votre poste sans préciser l’incidence de cette perte sur la situation économique de l’entreprise.
Si tel est le cas, votre licenciement peut être contesté car il n’est pas motivé.
Ce à quoi vous pouvez prétendre :
Non respect de l’obligation de reclassement ou
licenciement non ou mal motivé
Si vous avez 2 ans d’ancienneté dans l’entreprise et que l’entreprise emploi plus de 11 salariés
Il vous sera alloué au minimum 6 mois de salaire .
Si vous avez moins de 2 ans d’ancienneté ou que votre entreprise emploi moins de 11 salariés
Vous serez indemnisée selon le préjudice subi (appréciation souveraine des juges)
Non respect de l’ordre des licenciements
Indemnité réparant le préjudice subi