Une salariée contrainte à travailler sous astreinte !
Mme X., directrice d’une résidence pour personnes âgées, exécutait des heures de permanence, après son temps de travail, du lundi matin au vendredi soir dans un logement de fonction situé au sein de l’établissement. Elle a alors réclamé le paiement des sommes au titre des heures accomplies, ce qui lui a été refusée. En effet, l’employeur a estimé qu’il s’agissait de période d’astreinte ne constituant pas du temps de travail effectif. Elle saisit alors la juridiction prud’homale.
Le temps pendant lequel le salarié est mis à la disposition de son employeur dans un logement de fonction personnel constitue-t-il du temps de travail effectif ?
La Cour de cassation distingue l’astreinte du temps de travail effectif.
En effet, elle considère que le travail effectif empêche le salarié de vaquer librement à des occupations personnelles car il se trouve à la disposition de l’employeur et doit se conformer à ses directives.
En revanche, l’astreinte est la période pendant laquelle le salarié, sans être à la disposition permanente et immédiate, a l’obligation de demeurer à son domicile ou à proximité afin d’être en mesure d’intervenir pour effectuer un travail au service de l’entreprise.
C’est pourquoi, la Cour de cassation a constaté que la contrainte imposée à la salariée de se tenir durant la nuit dans son logement de fonction personnel, situé au sein de l’établissement, ne l’empêchait pas de vaquer à des occupations personnelles. Elle en déduit donc qu’il s’agissait d’une période d’astreinte.