L'impact d'une déclaration de grossesse sur le licenciement de la salariée.
- L’information de l’employeur dans un délai de quinze jours à compter de la notification du licenciement.
L’histoire : une salariée a été licenciée le 29 août 1996 pour insuffisance professionnelle, perte de clients et baisse du chiffre d'affaires. Ayant appris l’état de grossesse de la salariée, l’employeur lui a demandé de réintégrer son poste dès le 5 septembre. A l’issue du congé maternité, l’employeur a informé la salariée que son licenciement prendrait effet quatre semaines après la fin de son congé, c’est à dire après la période de protection légale. La salariée conteste son licenciement devant le Conseil de prud’hommes.
Ce qu’en disent les juges : selon la Cour de cassation l'envoi à l'employeur, qui ignore que la salariée est enceinte, du certificat médical justifiant de son état de grossesse n'a pas pour effet de suspendre le licenciement pour lui faire prendre effet à l'issue de la période de protection mais entraîne sa nullité de plein droit.
A retenir : la réception d'un certificat médical par l'employeur, alors que ce dernier mettait en place une procédure de licenciement, ne suspend pas le licenciement mais entraîne sa nullité.
En effet, le licenciement d'une salariée est annulé si dans un délai de quinze jours à compter de sa notification, l'intéressée envoie à son employeur un certificat médical justifiant qu'elle est en état de grossesse (sauf si son licenciement est pour faute grave de l'intéressée non liée à l'état de grossesse, ou en raison de l'impossibilité pour l'employeur, pour un motif étranger à la grossesse, de maintenir le contrat de travail).
Par conséquent, l'employeur, s’il souhaite toujours licencier sa salariée, doit reprendre la procédure à son commencement (convocation à l'entretien préalable, entretien…).