Jean-Marc Ayrault, le nouveau Premier ministre, a commencé les consultations avec les principaux syndicats dans le but de préparer les réformes sociales à venir. Les cinq grands syndicats (CGT, CFDT, FO, CGC et CFTC) et trois organisations patronales (Medef, CGPME et UPA) ont été reçus chacun pendant une heure pour évoquer l’organisation du dialogue social au cours du quinquennat en cours.
 

Ils ont été reçus par le Premier ministre, le ministre du Travail Michel Sapin, la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et la ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu.
 

François Chérèque, de la CFDT, voudrait que soit nommée une mission interministérielle pour suivre les plans sociaux de plus en plus nombreux. Le syndicat voudrait aussi un accompagnement social des chômeurs plus prononcé, un déblocage des contrats aidés et le renforcement de Pôle emploi. François Chérèque s’est montré prudent en ce qui concerne une hausse du Smic. En effet selon lui, un coup de pouce au Smic est nécessaire mais il faut également aussi veiller à l’évolution de l’ensemble de la grille salariale.
 

La CGPME représentée par Jean-François Roubaud a exprimé son inquiétude en ce qui concernerait une hausse du Smic, qui ne doit pas entrainer une hausse du coût du travail. Il a rappelé que 30 % des salariés des TPE sont rémunérés au Smic. Bernard Van Craeynest de la CFE-CGC partage ces inquiétudes sur le coût du travail.
 

FO, représentée par Jean-Claude Mailly, est satisfaite d’un « dialogue social normal ». Elle voudrait que le Smic soit augmenté à 1.340 euros et que les périodes de chômage des chômeurs en fin de droits soient prises en compte pour le retour partiel de la retraite à 60 ans. Egalement, la CGT voudrait que les périodes de chômage soient prises en compte. Le syndicat, dont l’actuel secrétaire général est Bernard Thibault, a remis au gouvernement une liste d’entreprises en difficultés susceptibles de mettre en œuvre des licenciements économiques.
 

La CFTC demande quant à elle que le décret sur les retraites tienne compte des interruptions de carrière des femmes pour s’occuper de leurs enfants. Le syndicat plaide également pour une augmentation de l’ensemble des salaires et pas seulement du Smic.
 

Enfin, Laurence Parisot du Medef a fait remarquer que l’économie française était encore fragile. Elle estime qu’il ne faut pas augmenter les coûts de production pour éviter les licenciements économiques. Elle a également montré son inquiétude quant à la situation des retraites complémentaires, dont l’un des régimes pourrait se trouver en faillite dès 2014.
 

Pensez-vous que le sommet social de juillet 2012 permettra de satisfaire syndicats et patronat ?

Par Juritravail

Source : Le Monde, le 29 mai 2012