Préoccupés par la situation en France, les patrons de PSA Peugeot Citroën, EADS, Sanofi, Air Liquide, Saint-Gobain, Solvay, Publicis Worlwide et du Conseil mondial de l'énergie, tous membres du Cercle de l'industrie, ont proposé par le biais d'une tribune commune adressée aux Échos, leurs pistes de réforme pour améliorer la situation industrielle.

Ils rappellent à cette occasion que les marges des entreprises situées sur le territoire français sont les plus faibles de la zone euro.

Selon eux "le constat est amer, d'autant que d'autres pays durement touchés par la crise, comme les Etats-Unis ou l'Irlande, montrent des signes de redressement". D'urgentes mesures s'imposent et des réformes ambitieuses sont nécessaires au redressement structurel de l'économie.

Ils font état des "atouts réels" dont dispose notre pays, à savoir : une main d'œuvre diplômée, hautement qualifiée, des infrastructures de qualité,… Mais tous sont insuffisamment exploités.

Leurs propositions sont les suivantes :

  • réformer la taxation du travail, pour faire du choc de compétitivité une réalité : le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) représente, à leurs yeux, "un signal positif, dans la mesure où il témoigne de la prise de conscience des pouvoirs publics du lien entre coûts de production et compétitivité. Ils constatent malgré tout que son impact sur le rétablissement des marges des entreprises est limité. La France doit aller plus loin car le problème, qui reste intact encore aujourd'hui, se situe dans la dérive des 10 dernières années entre la taxation du travail et celle de ses partenaires. Pour pallier à cela, ils préconisent "un transfert massif des charges sociales vers des assiettes portant sur la consommation" ;

  • lutter contre la rigidité du marché de l'emploi par la voie du dialogue social : la loi de sécurisation de l'emploi constitue une "avancée notable", toutefois insuffisante. Ils prêchent en faveur d'un assouplissement du temps de travail qui devrait pouvoir être ajusté en fonction des besoins spécifiques d'une entreprise sur la base d'accords majoritaires. Sa durée globale doit être revue. Afin d'inciter un retour à l'emploi les modalités d'indemnisation du chômage doivent être retouchées. Il faut également approfondir et concrétiser la dynamique de réforme sur la formation professionnelle ;

  • s'engager dans une transition énergétique en cohérence avec les impératifs de compétitivité des entreprises : ils sont favorables à un modèle énergétique permettant de garantir sécurité d'approvisionnement, protection de l'environnement et accès à un prix de l'énergie compétitif vis-à-vis de ses partenaires européens et internationaux. La future loi de programmation devrait suivre 3 principes : promouvoir des actions européennes pour résorber les distorsions de concurrence et favoriser l'accès à un niveau de prix de l'énergie, soutenir les investissements dans des technologies en faveur d'une meilleure efficacité énergétique, et développer des filières d'excellence sur les énergies renouvelables, à fort potentiel de compétitivité.

Pour conclure, ces chefs d'entreprise estiment que "tout est encore possible". A cette occasion, ils invitent le Gouvernement "à approfondir et accélérer son action pour redresser la barre".

Ainsi, face à la crise, les chefs d'entreprise se montrent unis afin d'apporter des pistes de réforme au Gouvernement tenant à redresser l'industrie en France. Ils sont en effet des plus légitimes pour être force de proposition en la matière. Étant aux commandes de grands groupes français ils sont donc au cœur de l'action.

"Info-plus" La loi de sécurisation de l'emploi

La loi sur la sécurisation de l'emploi (n°2013-205) du 14 juin 2013 - qui contient de nombreuses mesures en faveur de l'emploi, la flexibilité et la sécurité - retranscrit les principales mesures adoptées dans le cadre de l'Accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013.

Les employeurs sortent gagnant de cette grande réforme du droit du travail, avec notamment :

  • la possibilité de changer le poste ou le lieu de travail des salariés au sein d'une même entreprise (mobilité interne) ;
  • le développement des accords de maintien de l'emploi permettant de trouver un nouvel équilibre, pour une durée limitée dans le temps, entre temps de travail, salaire et emploi.

Source : Les Échos, 8 juillet 2013