Nicolas Sarkozy a proposé la semaine dernière un référendum pour savoir si les chômeurs devaient obligatoirement accepter une offre d’emploi dans le métier pour lequel ils auraient préalablement été formés (voir notre brève « La question du chômage soumise à référendum »).

François Fillon a fait savoir que si les partenaires sociaux n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur l’utilisation des fonds alloués à la formation professionnelle, il reviendrait aux français d’approuver le transfert des 30 milliards d’euros dédiés à la formation aux seuls demandeurs d’emploi.

Cette proposition ne serait pourtant pas réalisable en pratique. En effet, l’Etat n’a pas le contrôle de  tout le financement de la formation : 6 milliards d’euros sont financés par les entreprises pour leurs salariés, 6 milliards sont alloués à l’apprentissage et 1 milliard est dépensé par les particuliers. Si les 18 milliards restants étaient réservés aux chômeurs, 20 millions de salariés du secteur privé et 5 millions de fonctionnaires ne pourraient pas bénéficier d’une formation.

Une réforme de la formation avait déjà été mise en œuvre par les partenaires sociaux et le gouvernement en 2009, qui n’a presque rien changé, selon le Premier ministre. Aujourd’hui, seuls 10% des chômeurs bénéficient d’une formation, et seulement 12% des fonds leur sont dédiés.
 

Pensez-vous que la formation des chômeurs devrait nécessiter plus de fonds ?
 

Source : Les Echos, le 20 février 2012