Annoncée en 2019 au travers de 2 décrets (1), la réforme de l'assurance chômage a eu une entrée en vigueur étalée dans le temps. Seule une première partie a ainsi été effective le 1er novembre 2019, avant que l'application de ses autres volets ne soit suspendue en raison de la crise sanitaire, et reportée à plusieurs reprises.

Par exemple, la mise en oeuvre du décret du 30 mars 2021 (2) relatif aux nouvelles modalités de calcul des allocations chômage, prévue le 1er juillet 2021, a été suspendue par le Conseil d'État dans une décision du 22 juin 2021 (3)

Finalement, la réforme est entrée en vigueur par étapes :

  • d'abord le 1er octobre 2021 (4) pour ce qui est de la nouvelle règle de calcul du salaire de référence, de la durée d'indemnisation et de son différé ;

  • puis le 1er décembre 2021 (5) pour ce qui est de la modification de la durée minimale d'affiliation requise pour ouvrir des droits à indemnisation, et pour ce qui est de la dégressivité de l'indemnisation à compter du 7ème mois. 

La réforme arrivera définitivement à son terme le 1er septembre 2022, avec l'entrée en application du bonus-malus sur les contrats courts.

Synthèse des changements 2021 :

  • baisse des allocations chômage de 30% au bout du 6ème mois pour certains demandeurs d'emploi (dégressivité) : déjà applicable à partir du 9ème mois d'indemnisation, cette nouvelle dégressivité, d'abord suspendue avec la Covid, s'applique depuis le 1er décembre 2021 ;
  • nouveau calcul des allocations chômagenouvelles règles pour le calcul du salaire de référence, applicable depuis le 1er octobre 2021 ;
  • bonus-malus sur les contributions chômage : entrée en application prévue en septembre 2022 (sous réserve de l'étude en cours sur les entreprises entre le 1er juillet 2021 et le 30 juin 2022) ;
  • nouvelles conditions d'affiliation minimum  et nouvelle durée d'indemnisation minimale : suspendues suite au coronavirus, elles sont désormais applicables depuis le 1er octobre 2021 ;
  • mesures relatives au différé congés payés et différé d'indemnisation spécifique applicables depuis le 1er octobre 2021.

Pour en savoir plus, consultez l'article : Délai de carence chômage : comment bien le calculer ?

Dégressivité de l'allocation chômage pour les hauts revenus

La dégressivité de l'ARE (allocation d'aide au retour à l'emploi) est un mécanisme de réduction de l'indemnisation, mis en place le 1er novembre 2019. Suspendue le 1er mars 2020 en raison du Covid-19, elle s'appliquait à nouveau depuis le 1er juillet 2021 à partir du 9ème mois d'indemnisation (en raison de l'amélioration de la situation de l'emploi). Depuis le 1er décembre 2021, elle débute dès le 7ème mois d'indemnisation.

💡 Certains demandeurs d'emploi à hauts revenus, pourront voir le montant de leur allocation chômage diminuer, après 6 mois (ou après 182 jours) d'indemnisation (6)

30% de moinsaprès 6 mois pour certains chômeurs

La dégressivité de 8 mois (ou après 234 jours) s'appliquait pour les fins de contrat de travail (ou procédures de licenciement engagées) intervenues jusqu'au 30 novembre 2021. Pour celles intervenues à compter du 1er décembre 2021, la dégressivité s'applique à partir de 6 mois.

Comment fonctionne la dégressivité ?

Le coefficient de dégressivité est égal à 0,7.

Les allocations chômage pourront être diminuées de 30% (maximum) après 6 mois d'indemnisation (c'est-à-dire à partir du 7ème mois), pour les demandeurs d'emploi de moins de 57 ans au moment de leur fin de contrat de travail, dès lors que leur allocation chômage journalière est supérieure à 87,65 euros (7).

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Nouvelle modalité de calcul pour l'indemnité Pôle emploi

Un nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR), qui permet de calculer le montant de l'indemnité chômage, est applicable depuis le 1er octobre 2021. L'entrée en vigueur de ce nouveau calcul, initialement prévue le 1er avril 2021, avait été repoussée au 1er juillet 2021. Finalement, le Conseil d'État a décidé, le 22 juin 2021, d'en suspendre l'application au motif que les conditions du marché du travail étaient incertaines suite à la crise sanitaire. 

📌 Depuis le 1er octobre 2021 est pris en compte dans le calcul du SJR, le salaire mensuel moyen (c'est-à-dire en divisant le salaire par tous les jours du mois, travaillés ou non, et ce pendant 24 mois).

📌 Auparavant, seuls les jours travaillés étaient pris en compte dans le calcul du SJR (le salaire était divisé par le nombre de jours travaillés uniquement, ce qui donnait un résultat plus élevé qu'en divisant par la totalité des jours de la période de 24 mois).

Le SJR, qui sert désormais de calcul à l'indemnité chômage, est donc moins favorable aux demandeurs d'emploi depuis le 1er octobre 2021.

D'après l'Unédic, la mesure toucherait 37% des allocataires ouvrant des droits, soit environ 840 000 personnes. En moyenne, l'allocation des personnes concernées diminuerait de 24% (8).
Un plancher a été instauré pour limiter l'impact du nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence.

💡 Pour limiter l'impact de cette mesure, le Gouvernement a instauré un plancher. De plus, même si l'allocation est moins élevée chaque mois, elle devrait être versée pendant plus longtemps.

L'exemple donné par la Ministre du travail est le suivant : une personne qui avait travaillé 8 mois sur 24 avait, auparavant, une allocation de 985 euros pendant 8 mois. Avec les nouvelles modalités de calcul, elle aurait eu une allocation sur 24 mois de 389 euros. L'introduction de ce plancher lui permet d'avoir une allocation de 667 euros pendant 14 mois.

Mesure relative au Bonus-malus sur la contribution chômage

💡 En septembre 2022, un système de bonus-malus sur le taux de contribution d'assurance chômage des employeurs, entrera en vigueur dans 7 secteurs d'activité. Il vise à inciter les employeurs à avoir recours le moins possible aux contrats de travail précaires, c'est-à-dire aux contrats courts.

Ce système permet de moduler, à la hausse ou à la baisse, le taux de contribution de l'employeur, en fonction du taux de séparation que connaît son entreprise.

Le Gouvernement a observé les entreprises entre le 1er juillet 2021 et le 30 juin 2022. En fonction des résultats, le bonus-malus s'appliquera, ou non, à compter de septembre 2022.

Si l'entreprise a un taux de séparation élevé (= beaucoup de fins de contrats, notamment dues à une accumulation de contrats courts types contrats à durée déterminée (CDD), contrats de missions intérim, contrats précaires, etc.), son taux de contribution chômage sera majoré. Les entreprises les plus touchées par la crise sanitaire ne seront pas tout de suite touchées par ce dispositif.

Condition relative à la durée minimum d'affiliation pour bénéficier des droits au chômage

6 mois travaillés sur les 24 derniers moisChangement depuis le 1er décembre 2021

En application de la réforme de l'assurance chômage applicable au 1er novembre 2019, la durée d'affiliation minimale, pour bénéficier des allocations chômage, avait été durcie. Il fallait avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures (soit 6 mois environ) au cours des 24 derniers mois, pour avoir droit au chômage. La durée minimale d'indemnisation était également passée à 182 jours (6 mois).

De même, la durée minimale de versement de l'allocation chômage avait été ramenée à 122 jours au lieu de 182 jours.

Puis avec la crise sanitaire, du 1er août 2020 au 30 novembre 2021, la durée d'affiliation minimale a été réduite à 88 jours travaillés ou 610 heures (soit environ 4 mois).

💡 Depuis le 1er décembre 2021, les conditions d'affiliation requises pour toucher le chômage sont revenues à 6 mois de travail (130 jours) au cours des 24 derniers mois précédant la perte du dernier emploi (ou sur la période de référence de 36 mois, si âgé de 53 ans et plus) pour toute personne perdant son emploi à compter de cette date. La durée minimale d'indemnisation est de 182 jours.

Le résumé en vidéo : la réforme du chômage, c'est quoi ? Qu'est-ce qui change pour les chômeurs ?

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Références :

(1) Décret n°2019-797 du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômage et Décret n°2019-796 du 26 juillet 2019 relatif aux nouveaux droits à indemnisation, à diverses mesures relatives aux travailleurs privés d'emploi et à l'expérimentation d'un journal de la recherche d'emploi, publiés au Journal Officiel du 28 juillet 2019 
(2) Décret n°2021-346 du 30 mars 2021 portant diverses mesures relatives au régime d'assurance chômage
(3) Decision du Conseil d'État n°452210, du 22 juin 2021
(4) Décret n°2021-1251 du 29 septembre 2021 fixant la date d'entrée en vigueur de certaines dispositions du régime d'assurance chômage
(5) Arrêté du 18 novembre 2021 fixant la date à laquelle les dispositions des articles 7-1 et 7-2 du décret n°2020-425 du 14 avril 2020 modifié portant mesures d'urgence en matière de revenus de remplacement mentionnés à l'article L5421-2 du code du travail cessent d'être applicables
(6) Article 17 bis de l'annexe A du décret n°2019-797 du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômage
(7) Circulaire Unédic n°2022-09 du 1er juillet 2022, "Revalorisation au 1er juillet 2022 des salaires de référence de l'assurance chômage et des allocations ou parties d'allocations d'un montant fixe"
(8) Etude d'impact de l'évolution des règles d'assurance chômage au 1er avril 2021