Depuis quatre ans, Jean-Jacques Salaün, directeur général de Zara France, a organisé chaque semestre une campagne de recrutement de jeunes issus de quartier difficiles. Après les émeutes ayant eu lieu dans certaines banlieues en 2005, le directeur général a eu l’idée de « faire quelque chose pour ces gamins laissés à l’abandon ». Sont ainsi recrutés des femmes mariées de force, des jeunes en situation de rupture avec leur famille ou la société, des réfugiés politiques… Ils sont tous recrutés en CDI à temps plein et rémunérés au SMIC.

Les futurs vendeurs vont alors suivre une formation spéciale. Une première formation de 15 jours leur apprend les règles de base de la vie en groupe lors de laquelle les jeunes reçoivent des cours de vente, de théâtre et même de cuisine. Des personnalités, comme Raymond Domenech, viennent aussi leur parler de leur passion et de leur métier.

Les jeunes sont alors encadrés par un tuteur pendant une semaine en magasin, avant d’être à nouveau formés aux techniques de vente pendant une semaine. Les nouveaux recrutés deviennent ainsi des vendeurs comme les autres.

Depuis quatre ans, 133 jeunes ont ainsi été recrutés et formés, dont la moitié y travaillent toujours. L’opération a tout de même un coût de 150.000 euros par an. Jean-Jacques Salaün compte à présent étendre ce système de recrutement à d’autres enseignes du groupe auquel Zara appartient, comme Zara Home ou Massimo Duti.

Pensez-vous que les campagnes de recrutement visant les jeunes issus de quartiers sensibles devraient être plus nombreuses ?

Info « plus » :

Le recrutement est l’ensemble des actions mises en œuvre pour trouver un candidat correspondant aux besoins d’une organisation dans un poste donné. Lorsqu’une entreprise recrute en externe, elle peut utiliser de multiples sources de recrutement tel que les cabinets de recrutements, les agences de travail temporaire, les candidatures spontanées, les sites internet spécialisés, les réseaux sociaux, les salons ou encore les forums.

Le recrutement d’un salarié ne doit pas être discriminatoire, selon l’article L. 1132-1 du Code du travail. Ainsi, « aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son âge, de sa situation de famille ou de sa grossesse, de ses caractéristiques génétiques, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son nom de famille ou en raison de son état de santé ou de son handicap ».

Par Juritravail

Source : Le Figaro, le 4 avril 2012