Avec l'arrivée de la neige, il faut gérer les absences ou les retards des salariés dus aux intempéries. Mais il faut aussi s’assurer de garantir des conditions de travail saines pour les salariés exposés au froid, d’autant plus qu’un salarié qui a froid est un salarié qui est moins productif.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le froid ne concerne pas que les salariés qui occupent un emploi en extérieur, il touche aussi ceux qui travaillent à l’intérieur, dans des bureaux ou des commerces, par exemple.

Le Code du travail n’impose pas de température minimale dans les locaux professionnels. Toutefois, l’employeur a l’obligation de protéger la santé et la sécurité de ses salariés. "L'entreprise doit rester vigilante face aux risques professionnels, y compris ceux liés au froid ou aux intempéries" explique Valérie Meimoun-Hayat, avocate.

Aucune température n’étant réglementée par la loi, les chercheurs de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) ont essayé de déterminer la température qu'il conviendrait de respecter dans les lieux de travail.
La température dite de " confort " oscille entre 19 et 25 degrés. Quoi qu'il en soit, elle doit être adaptée à l’activité des salariés et à leur ressenti : en cas d’activité physique limitée, par exemple pour les salariés travaillant uniquement sur ordinateur, la température des bureaux doit être plus élevée que lorsque les salariés sont amenés à bouger.
Par ailleurs, l'INRS a précisé qu'en dessous de 5 degrés il existait un risque immédiat pour le salarié.

Les obligations découlant de la prévention des risques liés au froid "sont dans l'intérêt de tous les travailleurs mais aussi dans l'intérêt de l'entreprise", souligne Jack Bernon, responsable du département Santé et Travail de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact). En effet, plus il fait froid, plus le corps doit mobiliser de ressources. "Ces dernières ne sont alors plus disponibles pour faire face aux exigences du travail, et le rendent pénible", explique-t-il.
Il semble, en effet, qu’avec le froid, les salariés font plus d’erreurs.


« Info-Plus » : ce que dit la loi en matière d’ambiance thermique

Bien qu’il n’existe aucune température minimale à respecter, le Code du travail dispose que "les locaux fermés affectés au travail sont chauffés pendant la saison froide". Il précise également que le chauffage doit être maintenu à une température convenable.

Par ailleurs, l’employeur doit prendre toutes les dispositions nécessaires afin de protéger ses salariés contre le froid et les intempéries. Préalablement à leur mise en œuvre, il doit recueillir l’avis du médecin du travail et du CHSCT ou, à défaut, des délégués du personnel.

Plus généralement, l’employeur est tenu d’une obligation de sécurité envers ses salariés, et doit prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger leur santé et assurer leur sécurité.


Source : Le Figaro, 25 janvier 2013.