Le Sénat vient d’adopter le projet de loi créant des emplois d’avenir pour des jeunes peu ou pas qualifiés. Une commission mixte paritaire, composé de 7 sénateurs et 7 députés, qui se réunira à compter du 2 octobre 2012, va harmoniser le texte voté par les deux instances, qui sera présenté à l’Assemblée Nationale et au Sénat pour une adoption définitive, le 9 octobre 2012.

Michel Sapin, le ministre du travail, et Thierry Repentin, ministre de la formation professionnelle, ont justifié l’adoption du texte en indiquant que « la France n’a jamais connu une situation aussi critique pour les jeunes ».

Ils ont également rappelé que 500 000 jeunes étaient sans formation et sans emploi, que 120 000 jeunes arrivaient chaque année sur le marché de l’emploi sans diplôme et que ce nombre augmentait sans cesse.

Ronan Kerdraon (PS) s’estime fier que la jeunesse ait été la priorité de François Hollande.

Jean Desessard (EELV) a félicité le gouvernement qui, malgré la crise, a apporté une attention particulière au social, en favorisant un suivi dans la formation des jeunes.

Pour Marie-Hélène Des Esgauls (UMP) « le gouvernement se tourne vers le passé et revisite les emplois aidés », elle regrette également que ces emplois ne soient pas destinés au secteur privé.

Les emplois d’avenir, subventionnés par l’Etat, concernent des jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés vivant dans des zones urbaines ou rurales défavorisées, ou en outre-mer, et des handicapés peu qualifiés de moins de 30 ans. Ils seront mis en œuvre au sein des collectivités locales ou d’associations, pour une période de trois ans.

150 000 emplois d’avenir seront créer d’ici 2014, dont 100 000 l’année prochaine, pour un coût de 1, 5 milliard d’euros par an lorsque le système fonctionnera à plein.


« Info plus » Le contrat de professionnalisation

Les emplois d’avenir viendront s’ajouter à un certain nombre de contrats aidés prévus par le Code du travail. Parmi ces contrats figurent le contrat de professionnalisation. Ce contrat vise à favoriser l’insertion ou la réinsertion professionnelle, en associant des enseignements généraux, professionnels et technologiques dispensés par des organismes de formation, à l’acquisition d’un savoir-faire par l’exercice en entreprise d’activités professionnelles. Ces contrats concernent principalement :

- les personnes âgées de 16 à 25 ans révolus afin de compléter leur formation initiale

- les demandeurs d’emploi âgés de 26 ans et plus

- les bénéficiaires du revenu de solidarité active, de l’allocation de solidarité spécifique ou de l’allocation aux adultes handicapés (article L. 6325-1 du Code du travail).

Le contrat de professionnalisation peut être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée. Il est établi par écrit (article L. 6325-5 du Code du travail).   


Et vous, pensez-vous que les emplois d’avenir permettront de réduire significativement le chômage des jeunes ?


Par Juritravail

Source : Le Monde, le 26 septembre 2011