La chaîne de magasins Virgin, en crise depuis 2008 et employant 1000 salariés en France, a convoqué lundi 7 janvier un comité d'entreprise extraordinaire dont l'objet va porter sur le projet de déclaration de cessation de paiement de l'entreprise, a annoncé une porte-parole de l'entreprise. Cela pourrait alors représenter la première étape vers le redressement voire la liquidation judiciaire, soit une disparition pure et simple de l’entreprise.

Virgin, cédée en 2001 au groupe Lagardère et contrôlée depuis 2008 par la société d’investissements française Butler Capital Partners, n’est plus en mesure de payer ses créanciers. L’entreprise a déjà subi plusieures fermetures de magasins en province et a perdu environ 200 salariés depuis deux ans. Rappelons qu’elle avait annoncé la possible fermeture prochaine du magasin des Champs-Elysées qui génère 20% du chiffre d’affaires et qui avait engendré un mouvement de grève  et le rassemblement de ses employés le 29 décembre dernier.

La demande de cessation de paiement permettrait, selon la Direction, d’obtenir un délai supplémentaire pour trouver de nouvelles solutions, notamment le développement d'un nouveau modèle de magasins, plus petits et employant moins de salariés par le biais de l’utilisation de bornes numériques.

Les différents syndicats n’y croient pas et entendent ne "pas se laisser faire". Dans un communiqué, l’intersyndicale (CFTC, CFE-CGC, CGT, FO et Sud) a en effet appelé à "un grand élan de tous les salariés" ainsi qu’à un rassemblement d'employés le 9 janvier 2013. Ils ont par ailleurs prévus de ne pas se prononcer lors de la réunion du comité d’entreprise afin de retarder cette cessation des paiements.

Selon Laurent Berger, de la CFDT, "on se retrouve dans une situation dramatique parce que Virgin n'a pas fait les virages qu'il fallait à un moment donné en terme de stratégie économique".

Pour Etienne Bloch, délégué CGT à Lyon "La cessation de paiement ? On s’y attendait ! Les gens ne sont pas démoralisés mais ils s’étaient forgés au fait que le plus grave pouvait tomber".  "Mais quelque chose aurait pu être fait avant. Nous essayons encore d’interpeller l’actionnaire car à l’heure actuelle, si des magasins ferment, les gens partiront avec un minimum légal tout simplement donc avec peu d’indemnités".

Les syndicats ont "de fortes présomptions", car "quand une entreprise dit que ça va mal et ne présente pas de PSE (plan de sauvegarde de l'emploi), ça veut dire qu'ils veulent nous enfumer", a déclaré Jean Damien (SUD). "Vu l'état des comptes, on s'y attendait à moitié", a renchéri Loïc Delacourt, élu CFE-CGC au comité d'entreprise.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a quant à elle également réagi sur BFM "c'est tout à fait terrible comme nouvelle". "La crise que nous traversons n'est pas seulement une crise économique (...) c'est bien un nouveau modèle qui est en train de naître et beaucoup de secteurs sont effectivement touchés", a-t-elle ajouté.


« Info-plus » : Le rôle du comité d’entreprise

Le comité d’entreprise joue un rôle spécifique lorsque l'entreprise est en difficulté. Que ce soit au niveau de la prévention ou du règlement des difficultés, un dialogue s’instaure avec le comité qui est informé et consulté à chaque étape des différentes procédures.
En effet, selon l’article L.2323-6 du Code du travail "Le comité d'entreprise est informé et consulté sur les questions intéressant l'organisation, la gestion et la marche générale de l'entreprise et, notamment, sur les mesures de nature à affecter le volume ou la structure des effectifs, la durée du travail, les conditions d'emploi, de travail et de formation professionnelle".


Source : Le Figaro, le 4 janvier 2013