Le CV anonyme a beaucoup fait parler de lui, depuis longtemps, mais n'a jamais véritablement vu le jour.

Bien qu'il existe (depuis des années) un article du Code du travail disposant que, dans les entreprises d'au moins 50 salariés, le dossier du candidat à un emploi doit être examiné dans des conditions préservant son anonymat, aucun décret d'application n'a jamais été pris, pour lui permettre de produire effet (article L1221-7 du Code du travail).

C'est la raison pour laquelle le Conseil d'Etat, suite au recours exercé par un particulier et des associations, a sommé l'Etat de prendre un décret venant préciser les modalités d'application de cette disposition législative, dans un délai de 6 mois.

En effet, la loi (qui pose un principe) ne se suffit pas à elle-même et un décret (fixant les modalités concrètes d'application du principe) est nécessaire pour que l'obligation du C.V. anonyme puisse être mise en œuvre  par les entreprises lors du recrutement.

Le CV anonyme d'ici la fin de l'année, une bonne nouvelle ? Si certains se réjouissent de cette décision, d'autres semblent plutôt dubitatifs. A l'origine de ces doutes, les résultats plutôt décevants de l'expérimentation du dispositif qui avait été menée en 2010, et à l'issue de laquelle le Gouvernement avait décidé de ne pas appliquer la généralisation du CV anonyme.

A l'époque, le dispositif avait plutôt eu l'effet inverse de celui souhaité : le CV anonyme pénalise les candidats issus de l'immigration ou résidant en zone sensible et amenuise leurs chances de décrocher un entretien d'embauche. En revanche, l'essai avait plutôt été concluant en ce qui concerne les discriminations envers les femmes et les seniors.

Pour avoir toutes les chances d'être retenu pour l'entretien, suivez nos 5 conseils pour rédiger un CV !

"Info-plus" Quels acteurs en entreprise contre la discrimination à l'embauche ?

En cas de discrimination à l'embauche, les délégués du personnel sont compétents pour "tirer la sonnette d'alarme" en usant de leur droit d'alerte.

Les syndicats représentatifs ont également un rôle à jouer en la matière dans la mesure où ils peuvent agir en justice au profit d'une victime de discrimination (qu'elle soit salariée, ou qu'elle ait été simplement candidate à un emploi dans l'entreprise).

En dehors de l'entreprise, le candidat à un emploi qui estime avoir été écarté de la procédure de recrutement en raison d'un motif discriminatoire, peut s'adresser à l'inspection du travail ou au Défenseur des droits.