Employeurs, n'oubliez pas, cette pratique peut vous coûter cher :

Connaître vos obligations en matière de discrimination

L'INED, Institut National d'Etudes Démographiques, démontre non-seulement que les personnes visées à l'Article L.1132-1 du Code du travail (2) sont réellement victimes de discrimination à l'embauche ou à l'évolution professionnelle, mais qu'elles perçoivent cette différence de traitement, ce qui peut avoir des incidences importantes, tant sur la considération personnelle que professionnelle du salarié (3).  

43% des victimes de discrimination à l'embauche ont abandonné leur recherche d'emploi.

Selon le 8e Baromètre DDD/OIT de perception des discriminations dans l'emploi (Ifop)

Il a également été relevé par la DARES que, le critère le plus discriminant est le fait, pour un salarié d'être issu de l'immigration (4) ce qui est confirmé par l'Institut Montaigne (1) venant mettre en lumière le fait que les hommes, supposés être de culture musulmane, ont beaucoup moins de chances de décrocher un entretien d'embauche que ceux dont la culture est présumée être catholique.

C'est en vertu de ces diverses sources et études, que le gouvernement souhaite prendre d'assaut les discriminations à l'embauche. Cette offensive a pour but de mettre en évidence les compétences professionnelles de chacun, avant l'appartenance religieuse, syndicale, la couleur de peau...

C'est en se basant sur le rapport "Lutte contre les discriminations en entreprise" de Jean-Christophe Sciberras, que le Gouvernement souhaite "identifier les voies de progrès pour réduire les discriminations collectives dans l'entreprise ainsi que d'examiner les mesures nécessaires pour promouvoir les méthodes de recrutement non discriminantes."

Entre 20 et 50 entreprisesde - de 1.000 salariés seront testées

La méthode choisie ? Le testing ! Cette opération consiste à identifier les pratiques discriminatoires qui pourraient être mises en oeuvre dans les entreprises par le biais d'un envoi de faux CV. Ces documents présenteront plusieurs candidats, à compétences égales, mais présentant des facteurs jugés discriminants. C'est entre 20 et 50 entreprises de plus de 1.000 salariés qui seraient mises à l'épreuve.

Ce test est lancé pour une durée de 3 mois et de vagues rumeurs prétendraient qu'il commencerait dès le mois d'avril 2016, bien que rien ne soit officiel, sûrement pour éviter que les entreprises ne fassent bonne figure le jour J ! 

Cette mesure a été proposée dans le cadre de la Réunion interministérielle du 6 mars 2015 (5) et l'organisme désigné pour mener cette campagne est l'ISM Corum. Ce dernier a d'ailleurs rendu public un point d'actualité le 30 juin 2015 pour expliciter cette mesure (6).

Quant à savoir si cette mesure fera prendre conscience aux entreprises, hostiles à accueillir des salariés en raison de leur origine ethnique ou de leur croyance religieuse, il n'y a qu'un pas !

Salariés, vous avez des droits, renseignez-vous !

La discrimination à l'embauche

Si 72% des demandeurs d'emploi estiment que cette méthode sera efficace pour lutter contre les discriminations à l'embauche, beaucoup d'autres français tendent à penser que ce ne sera pas le cas et que cette étude ne visera qu'à mettre en lumière une pratique connue mais maquillée.

Bien entendu, même si cette campagne se focalise sur les discriminations ethniques, d'autres formes de stigmatisations existent : en raison de l'âge, de l'apparence physique, des croyances (vraies ou supposées) religieuses, syndicales, politiques, de l'orientation sexuelle...