Depuis mercredi 6 juin, environ 40 % des salariés de six centres de traitement de déchets en Ile de France de Geodis, filiale de Veolia propreté sont en grève. Ces salariés demandent de meilleures conditions de travail ainsi qu’une revalorisation salariale.

Le délégué central CGT, Genaro Suazo a indiqué que trois centres étaient à l’arrêt, Nanterre, Sevran et Vaux-le-Penil. Les trois autres sites situés à Rungis, Triel sur Sein et Chelles fonctionnent quant à eux au ralenti.

Les syndicalistes affirment que les conditions de travail chez Geodis sont difficiles. Pour justifier cela, il donne pour exemple le fait que les salariés soient débout pour le tri des déchets mais également que le temps de pause pour aller aux toilettes est décompté du salaire.

De plus, s’agissant des salaires, les syndicats demandaient 4 % d’augmentation salariale, la direction leur en a proposé seulement 1,5 % puis devant la menace d’une grève, elle a proposé 2 % pour les plus bas salaires. De plus, il y a quelques années, ils avaient droit à une prime d’intéressement de 850 € annuels qui finalement a été supprimée. 

Cette grève, lancée à l’appel d’une intersyndicale CGT et FO, est pour le moment illimité. Ce sont près de 500 salariés qui travaillent actuellement pour Generis en Ile-de-France.

« Info Plus » Grève
 

La grève est définie comme la cessation collective et concertée du travail en vue d’appuyer des revendications professionnelles (arrêt de la Chambre sociale de la Cour de cassation du 16 mai 1989, n° 85-43359).

Ainsi, 3 éléments doivent être réunis pour qu’un arrêt de travail puisse être qualifié de grève.
 

D’une part, il faut une cessation totale du travail. Cela signifie donc que les mouvements qui se traduisent par un ralentissement d’activité ne constituent pas une grève mais une exécution fautive du contrat de travail.

D’autre part, il faut une concertation des salariés. Cela signifie donc qu’une grève ne peut pas être caractérisée lorsqu’un salarié agit seul, sans participer à un mouvement collectif dans l’entreprise (arrêt de la Chambre sociale de la Cour de cassation du 29 mars 1995, n° 93-41863), sauf s’il participe à un mouvement national.

Et enfin, il faut des revendications professionnelles. En effet, pour que le mouvement puisse être qualifié de grève, la cessation du travail doit être destinée à appuyer des revendications professionnelles. Si la grève est déclenchée pour un autre motif, elle sera donc illicite.

Et vous, trouvez vous que ces conditions de travail des salariés de Generis justifient une grève ?


Par Juritravail

Source : Le Monde, le 6 juin 2012