Pour la première fois depuis presque cent ans, la conférence internationale du travail n’a pas étudié les cas des pays accusés de ne pas avoir respecté les normes internationales du travail.
 

Cela est dû au fait que le collège des employeurs s’y est opposé ce qui a bloqué la machine de l’agence des Nations unies dédiées au travail et aux relations sociales dans le monde.
 

La raison de ce blocage est la divergence sur le « droit de grève » et le contenu qu’il convient de donner à cette expression. Ainsi, selon les experts de l’OIT, la grève constitue un moyen essentiel permettant aux travailleurs et à leurs organisations de défendre leurs intérêts. Cependant, un avocat d’affaire anglais affirme qu’il s’agit d’un droit fondamental que récuse l’organisation internationale des employeurs. En effet, pour le collège employeur, il y a un problème d’interprétation. L’expression « droit de grève » ne figure pas dans les conventions et donc on peut légitimement contester la capacité des experts à l’interpréter.
 

Toutefois, bien que ce soit la première fois que l’habituel consensus de l’organisation internationale ait été rompu, les tensions ne sont pas nouvelles.
 

Normalement, chaque année, il est dressé une liste de plusieurs centaines de pays qui n’ont pas respecté certaines normes du travail par les représentants des employeurs et des salariés. Au final, lors de la conférence internationale, ce sont vingt cinq cas qui sont étudiés.
 

Les normes les moins respectées sont généralement la liberté syndicale ainsi que le droit de négociation collective. Ainsi, la France a déjà été condamnée sur le travail du dimanche ou le Contrat nouvelle embauche.
 

Mais cette année, aucun cas ne sera étudié au vu de la divergence existant concernant le droit de grève. Selon le secrétaire général de l’OIE, il ne peut pas y avoir de réponse globale sur cette question du droit de grève, chaque pays a ses traditions, ce qui ne veut pas dire que les droits doivent être diminués. Selon lui, il ne serait donc pas question de remettre en cause le droit de grève mais de simplement contester l’interprétation qu’en font les experts.
 

Cela a donc eu pour conséquence de ne pas avoir étudié la situation dans divers pays, si bien que des cas graves concernant certains droits du travail n’ont pas été traités. C’est notamment le cas de la Colombie où beaucoup de syndicalistes ont été assassinés.

« Info Plus » droit de grève
 

En France, le droit de grève est défini comme la cessation collective et concertée du travail en vue d’appuyer des revendications professionnelles (arrêt de la Chambre sociale de la Cour de cassation du 16 mai 1989, n° 85-43359).
 

Ainsi, on remarque qu’il est nécessaire qu’il y ait trois conditions pour que l’on soit en présence d’une grève. Il faut donc d’une part, une cessation complète du travail, d’autre part une cessation collective et enfin il faut que cette cessation soit justifiée par des revendications professionnelles.

Et vous, pensez vous que le droit de grève devrait être interprété d’une autre manière ? 

Par Juritravail

Source : Le Monde, le 18 juin 2012