Hausse du nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi

Selon une récente étude de la DARES (1), le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A en avril 2020 (c'est-à-dire n'ayant pas du tout travaillé), a enregistré sa plus forte hausse depuis 1996. 843.000 demandeurs d'emploi en plus par rapport à mars, soit 22,6%.

Les 3/4 de la hausse du nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A sont alimentés par des personnes inscrites en catégories B et C (c'est-à-dire ayant une activité réduite) en mars. Le nombre de demandeurs d'emploi en activité réduite est en effet en forte baisse (-29,9%) mais cela s'explique par le fait qu'ils n'ont pas travaillé du tout en avril et intègrent donc la catégorie A.

Seul le quart restant est alimenté par des entrées directes en catégorie A de personnes non inscrites à Pôle emploi en mars.

+30,3%de demandeurs d'emploi en catégorie A depuis fin janvier

Cette hausse concerne toutes les tranches d'âge mais est cependant plus forte chez les hommes (+25,2%) que chez les femmes (+19,8%).

Elle concerne également toutes les régions de France. Les départements et régions d'Outre-mer sont les moins touchés.

La hausse du nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A s'explique notamment par le fait qu'ils recherchent un emploi dans les secteurs les plus touchés par la crise sanitaire, à savoir :

  • le commerce ;
  • l'hôtellerie-restauration et le tourisme ;
  • les services à la personne :
  • les transports et la logistique ;
  • la construction, le bâtiment et les travaux publics ;
  • le spectacle.

Autre explication à cette hausse historique, les entrées restent supérieures aux sorties, qui elles, atteignent de leur côté leur minimum historique. Pôle emploi a en effet enregistré 34,9% de sorties en moins sur le mois d'avril.

À retenir :

Au total, l'effectif des catégories A, B et C augmente de 3,6% sur le mois d'avril 2020. C'est l'augmentation la plus importante jamais enregistrée depuis 1996.

Des augmentations gelées et des embauches reportées

Willis Towers Watson vient de publier les résultats de son enquête COVID-19 (2) dans laquelle, elle a interrogé 996 Directeurs des ressources humaines, d'entreprises européennes de toutes tailles et secteurs confondus, dont 108 employeurs français.

Celle-ci révèle, sans grande surprise, que la crise sanitaire liée au Covid-19 aura un impact non négligeable en matière de recrutement. En effet, 67% des entreprises interrogées ont déjà reporté leurs recrutements à plus tard et 21% ont planifié un report ou envisagent de le faire.

50% des entreprises sondées ont même décidé de geler les recrutements.

Cette crise sanitaire aura également un impact sur les rémunérations.

En effet, 32% des entreprises interrogées ont réduit ou remis à plus tard les augmentations de salaires.

Au niveau de la France, 1 DRH sur 2 a déjà pris des dispositions pour réduire ou remettre à plus tard des augmentations.

Enquête de Willis Towers Watson, COVID-19 publiée le 25 mai 2020

30% d'entre elles ont d'ailleurs gelé les salaires et 16% envisagent de prendre des mesures en ce sens.

Certaines ont même déjà procédé à des réductions de salaires de leurs salariés (9%) et 16% l'envisagent aussi.

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Des licenciements économiques envisagés dans les mois à venir ?

Malgré les mesures de soutien mises en place par le Gouvernement pour aider les entreprises à faire face à la crise sanitaire du Covid-19, certaines entreprises estiment qu'elles n'auront pas d'autres choix que de recourir à des licenciements économiques.

Une étude réalisée par StaffMe (3) révèle que 22% des entreprises interrogées envisagent de licencier dans les mois à venir.

Certains secteurs seraient plus touchés que d'autres, notamment le secteur de l'événementiel, de l'hôtellerie-restauration et du tourisme ainsi que les transports.

22%des entreprises envisagent de licencier dans les mois à venir

Le Ministère du travail dévoile d'ailleurs, dans des statistiques, que depuis début mars, 897 licenciements collectifs ont été initiés. Dans 9 cas sur 10, ils concernent des licenciements économiques de moins de 10 salariés (4).

Sont surtout concernés les secteurs de la construction (23%), le commerce et la réparation d'automobile (19%) ainsi que l'hébergement et la restauration (12%).

Le Ministère du travail précise néanmoins, que le licenciement demeure marginal bien qu'en légère progression (5% des réductions d'effectifs contre 2% fin mars)

Pour l'instant, les réductions d'effectifs se traduisent surtout par le non-renouvellement de CDD (59% en avril contre 49% en mars) et l'annulation ou le report d'embauches prévues (44% en avril contre 51% en mars).

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