La CGT, FO, Solidaires, FSU, au même titre que la CFTC, ne masquent pas leur réticence à l'égard du texte soutenu par le Ministre de l'économie, Emmanuel Macron. La nouveauté c'est bien, mais lorsque le message véhiculé par un texte nouveau contribue à un progrès social c'est beaucoup mieux !

Le projet a été amendé en commission de l'Assemblée nationale. Modifié, il abandonne ainsi la possibilité d'ouverture 5 dimanches par an sur simple demande au maire dans le domaine du commerce alimentaire au profit d'une possibilité d'ouverture pouvant s'étendre jusqu'à 12 dimanches par an selon la tournure des débats menés à un niveau intercommunal. Mais est–ce bien là l'essentiel ?  Patrick Ertz, siégeant à la tête de la présidence de la fédération CFTC du commerce, s'interroge sur la focalisation des esprits "sur les 12 dimanches" alors que bien plus grande est la problématique des "zones commerciales, touristiques et touristiques internationales qui elles, peuvent ouvrir 52 dimanches par an", ce dernier s'inquiétant de ce qui risque d'"être la généralisation du travail dominical en France". 

En clair, la nouveauté c'est bien, mais pas à n'importe quel prix ! Surtout lorsque l'enjeu est aussi important que ce droit au repos, si cher, et tant attendu pour enfin se retrouver en famille le dimanche.

Les plus virulents accusent même "une trahison vis-à-vis des salariés" ainsi que s'autorise à le dire la secrétaire générale de la fédération CGT du commerce, Amar Lagha. Quant au représentant de la CFTC, il s'explique sur ses réserves en dénonçant le manque de garanties du dispositif en naissance : "il faut aussi un socle minimal comme le doublement de la rémunération et sinon, au minimum conditionner les ouvertures à un accord de branche majoritaire, sinon, cela n'aura aucune valeur". Des corrections sont nécessaires, et les syndicats ne gratifieront pas de leur adhésion un projet aussi embryonnaire, le message est clair ! Les syndicats appellent d'ores et déjà à une mobilisation pour se faire entendre.

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"Info-plus" Le respect des durées de repos hebdomadaire

Dans les établissements de commerce de détail, le repos dominical peut être supprimé, sur décision du maire, 5 dimanches dans l'année au maximum (article L3132-26 du Code du travail).

Une autorisation préalable au maire pour faire travailler les salariés le dimanche est nécessaire, mais les représentants du personnel ont d'abord leur mot à dire. Le CE doit être consulté au même titre que le CHSCT avant l'instauration du travail le dimanche dans l'établissement (Circ. DRT 19/92, 7 oct. 1992 : BO Trav., n° 92/23).