En effet, afin de contester le projet de loi réformant l'actuel système de retraite français, les syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires ont défilé place de la Concorde à Paris, face à l'Assemblée. Leur volonté était de "marquer le coup" avant le vote des députés.

Néanmoins, les troupes ne se sont pas mobilisées.

Thierry Lepaon, leader cégétiste, déplore qu'"il n'y a pas de rupture avec les gouvernements précédents. Avec l'allongement de la durée de cotisation de 41,5 à 43 ans, on nous impose plus d'un quinquennat de travail en plus.(…) Non seulement on va travailler plus longtemps, non seulement on va cotiser pendant des années et des années, mais en règle générale ça fait quand même 5 à 6 ans de cotisation en plus d'une génération à une autre, ce qui est colossal".

Quand à Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, il dénonce "une erreur historique (…) Si l'Assemblée vote ce texte, elle abolit une partie de l'histoire sociale de notre pays".

Les quelques milliers de manifestants n'occupaient qu'une partie de l'immense esplanade. Dans les régions, la mobilisation n'a pas été plu forte.

Les syndicats ne se découragent pourtant pas.

Thierry Lepaon a déclaré qu'"il ne faut pas compter sur nous pour dire que c'est le dernier rendez-vous aujourd'hui : nous allons continuer à manifester pour les salaires, le pouvoir d'achat, les conditions de travail et la retraite à 60 ans".

Même son de cloche chez FO : "il n'y a jamais de baroud d'honneur. Aujourd'hui nous avons marqués nos positions. Il va falloir que le gouvernement aille dire aux salariés de Doux et de Gad qu'on est en train de virer, qu'il va falloir qu'ils travaillent 43 ans".

Le texte a été adopté de justesse grâce aux voix socialistes (270 pour, 249 contre). Les radicaux de gauche et les verts se sont abstenus. Quant aux élus du Front de gauche, de l'UMP et de l'UDI ont voté contre.

Les syndicats espèrent peser sur le vote du Sénat.

"Info-plus" L'allongement de la durée des cotisations

La mesure proposée par le Gouvernement à l'article 2 du projet de loi consiste à augmenter la durée de cotisation d'un trimestre tous les trois ans entre 2020 et 2035

Le projet prévoit que la durée d'assurance nécessaire pour bénéficier d'une pension de retraite au taux plein et la durée des services et bonifications nécessaire pour obtenir le pourcentage maximum d'une pension civile ou militaire de retraite sont fixées à:

Année de naissance

Nombre de trimestres à cotiser

1958 à 1960

167 trimestres (41 ans et 3 trimestres)

1961 à 1963

168 trimestres (42 ans)

1964 à 1966

169 trimestres (42 ans et 1 trimestre)

1967 à 1969

170 trimestres (42 ans et 2 trimestres)

1970 à 1972

171 trimestres (42 ans et 3 trimestres)

1973 et après

172 trimestres (43 ans)