La loi de juillet 2011 qui institue l'audience présidée par le Juge des Libertés et de la  detention en cas d'internement psychiatrique sans consentement est désormais bien intégrée dans le systeme répressif. Le JLD est en effet bel et bien un juge pénal, le Parquet est partie à l'instance et il y a un avocat pour défendre . Il s.agit donc de juger non pas un dossier mais un patient.

Tout a été dit sans guère de débat sur le sujet et très majoritairement les gens de justice se félicitent de ce qu'ils considèrent comme un grand progrès. J.ai souligne sur ce blog combien la loi était dangereuse dans ces conséquences et je me réjouis d.etre suivi par les soignants'

Je reviens sur le sujet parce qu'il serait temps de réfléchir sincèrement au sens de l'intervention de l'avocat ((ad-vocatus). Que vient-il faire désormais dans cette galère alors que sur le respect du formalisme du dossier, il y a longtemps que tout le personnel administratif et soignant à resserré les boulons.

J´entends dire à chaque fois que le sujet est discuté "nous ne sommes pas des psy et ce qui importe est d.examiner avec attention le dossier. En gros, des conservateurs des hypothèques . C.est à dire qu'il ne convient pas de rencontrer le patient dans le cadre d'un dialogue confidentiel suffisamment de temps avant l.audience, c'est inapproprié .

Il ne fait aucun doute que cette répulsion à rencontrer le patient atteint d'un trouble psychique est corrélée à une peur archaïque .  Et si je comprends bien que la plupart des avocats n'ont suivi aucune formation pour les préparer à une mission qui les déconcerte.

Or le malheureux patient n'est souvent pas informé de l'audience, et donc nullement préparé à y tenir sa place. La notification des droits supposée faite des l'admission est un simulacre dérisoire . Seul un juriste peut expliquer de quoi il s agit, au moins à ceux dont l.etat permet de recevoir l.information. Même si ce doit être la veille de l.audience.

Quelle information livrer? Devons nous répondre à la légitime question relative à l'auteur de la demande d'internement? Devons nous être des apprentis éducateurs infirmiers préconisant l.alliance au soin qui seule est le gage de sortie? Etc...

Entendre le patient c.est l'inviter sans insister à nous livrer son histoire, nous livrer ce qu'il n'aura pas forcément eu envie de raconter au psy qui n'avait pas le temps. C.est faire preuve de respect en apportant la garantie de la confidentialité . Il y a souvent derrière le passage à l'acte un conflit familial ou social, c'est à dire un blocage de la communication . L'avocat peut déjà esquisser un avis ou un conseil à ce stade. Et utilement orienter le juge dans le cadre d'une audience qui alors prend tournure de commission, puisque y assistent la direction, et souvent des soignants.

J'essaie pour ma part d'orienter ainsi ma pratique. Le soignant n'est pas un antagoniste mais un partenaire et l'audience se transforme en un réseau pluridisciplinaire avec pour objet de faire émerger un sujet au sens analytique, pas un sujet de droit, en tout cas pas seulement.

 

Par Me Jourdain

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