Le dialogue social est inscrit au cœur de la politique du Président de la République, comme il l'a souvent rappelé au cours de son mandat. D'ailleurs, François Hollande entend inscrire le dialogue social dans la Constitution : il souhaite étendre le champ d'application de l'article L1 du Code du travail, afin de rendre obligatoire la négociation avec les partenaires sociaux préalablement "à toute réforme en matière de relations du travail, d'emploi et de formation professionnelle (projets de loi et propositions de loi)", comme le précise le site du Gouvernement.


Les syndicats ont donc une place importante en France. Mais certains se demandent s'ils représentent réellement l'ensemble des salariés français, au regard du faible taux de syndicalisation chez ces derniers. En effet, seuls 7% des actifs sont affiliés à une organisation syndicale, et ce chiffre semble en baisse. Selon l'Institut français des relations internationales (IFRI), le nombre de salariés syndiqués ne représente plus que la moitié de celui des années 1980, et le tiers de celui des années 1950, pour atteindre aujourd'hui 1,7 millions de français actifs.


Selon Dominique Andolfatto et Dominique Labbé, spécialistes du monde syndical, la France "est, parmi les grands pays industriels développés, celui où il y a le moins de syndiqués".


A titre de comparaison,  selon les chiffres publiés par l'OCDE, le taux de syndicalisation était de 7,6% en France en 2008, contre 15% en Espagne, 33,4% en Italie ou encore 53,3% en Norvège. La France se classe ainsi loin derrière la Suède (68,3%), le Danemark (67,6%) et la Finlande (67,5%), qui sont en tête du classement des pays où l'on retrouve le plus fort taux de syndicalisation.


Mais pourquoi les salariés français refusent de se syndiquer ?
Un sondage TNS Sofres de 2005 fait ressortir que 38% des sondés estimaient que les syndicats "ne comprennent pas leur problème". Ils étaient dans la même proportion (36%) à expliquer qu'ils ne souhaitaient pas se syndiquer car ils craignaient des représailles de la part de leur direction. Certains des interrogés mettaient en avant la division syndicale pour justifier leur refus de se syndiquer.


Par ailleurs, le paysage syndical pourrait bien changer avec la publication des résultats de la mesure de l'audience de la représentativité syndicale interprofessionnelle.


" Info-plus " Le rôle des syndicats à l'origine des taux de syndicalisation ?


Les syndicats français n'ont ni les mêmes prérogatives ni la même organisation que les syndicats des pays nordiques, dans lesquels les taux de syndicalisation sont parmi les plus élevés d'Europe. Cette inégalité du pouvoir syndical pourrait être l'une des raisons à l'origine de la forte disparité du taux de syndicalisation qui existe entre les deux.


A titre d'exemple, en France, les avancées sociales sont négociées pour l'ensemble des salariés et profitent à tous, qu'ils adhèrent ou non à un syndicat, ce qui n'est pas le cas dans certains pays nordiques pour lesquels les avancées ne profitent qu'aux seuls syndiqués.


Source : Le JDD, 18 mars 2013