Procédure Pénale

Les conséquences d'une annulation en procédure pénale


Par Franck Petit, Avocat - Modifié le 06-11-2012 - Blog : Blog Maitre Franck Petit

La Cour de cassation, Chambre criminelle, dans un arrêt du 16 mai 2012, a rappelé les conséquences de l'annulation, par une juridiction pénale, d'actes ou pièces de procédure.

Lorsque des actes ou des pièces sont annulés en droit pénal et procédure pénale, ils ne peuvent plus ensuite être utilisés contre les parties et il faut les retirer de la procédure (ou les canceller c'est-à-dire les biffer). Il faut donc alors considérer que ces actes ou pièces n'ont jamais existé : il s'agit de la conséquence juridique d'une annulation, celle-ci consistant en un anéantissement rétroactif.

Dans le dossier soumis à la Cour de cassation, la Cour dappel avait relaxé le prévenu après avoir annulé des actes et pièces, en refusant de s'appuyer sur une prétendue démonstration de culpabilité par une administration fiscale qui avait eu ces actes et pièces avant. La Cour de cassation a approuvé cette position, en considérant que même si les actes et pièces annulés avaient été au préalable communiqués à l'administration, celle-ci ne pouvait plus s'appuyer sur les actes et pièces et ne pouvait plus en quelque sorte par conséquent les faire « renaître ».

L'application du principe de l'annulation est donc stricte et il faut approuver cet arrêt. En effet, lorsqu'une juridiction annule un acte de procédure, celui-ci doit être considéré comme n'ayant jamais existé. Par conséquent, même s'il a été préalablement communiqué à une administration ou à une autre partie, le Juge ne pourra plus par la suite se fonder sur ce document annulé pour asseoir une condamnation.

Il s'agit de la suite logique de l'annulation d'un acte au pénal : tous les actes subséquents, postérieurs, qui s'appuient sur cet acte annulé, seront nuls aussi (effet « domino »).

La demande d'annulation d'un acte ou d'une pièce est au demeurant technique, mais l'enjeu est de taille car en général même s'il existe une reconnaissance de culpabilité, l'annulation permet la relaxe (absence de condamnation). Ce mécanisme fonctionne en droit routier et Code de la route, notamment en ce qui concerne les contraventions avec procès-verbal.

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