La Fonderie du Poitou-Aluminium (FDPA) d’Ingrandes, dans la Vienne, a été reprise par l’équipementier automobile Saint-Jean Industries. Le tribunal de commerce de Nanterre a ainsi accepté l’offre de reprise de l’usine par le seul candidat en lice.
 

Saint-Jean Industries, société basée près de Lyon, préservera 395 postes de travail. Le Plan de sauvegarde de l’emploi encadrera les licenciements de la soixantaine de salariés restants.
 

La Fonderie du Poitou a été placée en redressement judiciaire en octobre dernier, le groupe Montupet voulant se désengager et cherchant un repreneur. Les salariés estimaient que Renault aurait dû reprendre l’usine. Renault représente en effet 85 % de la clientèle de l’usine qui fabrique des culasses de moteurs. Renault avait créé cette unité industrielle en 1978 et l’avait ensuite vendu en 1998, avant sa reprise par Montupet en 2010.
 

Les salariés ont également refusé la proposition de Montupet visant à conserver les emplois après une baisse de 25 % des salaires, proposition ayant entrainé deux mois de grève.
 

Nicolas Sarkozy s’est déplacé dans la Vienne pour annoncer la reprise par Saint-Jean Industries. L’Etat allouera 12 millions d’euros à FDPA par le biais du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles. 19 millions d’euros seront également investis par Renault. FDPA bénéficiera également d’une aide publique à la réindustrialisation de 8 millions d’euros.
 

Des inquiétudes demeurent, notamment après un communiqué de Michèle Picard, maire de Vénissieux (Rhône). Saint-Jean Industries avait repris la Fonderie de Vénissieux avant d’en licencier les 108 salariés.
 

Pensez-vous que Saint-Jean Industries préserveront tous les emplois de FDPA ?

« Info Plus » Licenciements économiques :
 

Selon l’article L. 1233-3 du Code du travail, constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié résultant d’une suppression ou transformation d’emploi ou d’une modification, refusée par le salarié, d’un élément essentiel du contrat de travail, consécutives notamment à des difficultés économiques ou à des mutations technologiques.
 

En cas de licenciements économiques de plus de 10 salariés sur une période de trente jours et dans les entreprises de plus de 50 salariés, un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) doit être élaboré. Selon les articles L. 1233-61 et suivants du Code du travail, le PSE vise à « éviter les licenciements ou en limiter le nombre et à faciliter le reclassement du personnel dont le licenciement ne pourrait être évité ». Il prévoit obligatoirement des offres et des mesures de reclassement internes et externes à l’entreprise.

 

Par Juritravail

Source : La Tribune, le 19 avril 2012