D'après une enquête réalisée par le Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), plus d'un salarié sur 2 (57%) ignore que son entreprise est désormais dans l'obligation de lui faire bénéficier d'une mutuelle d'entreprise, financée par l'employeur à hauteur de 50%.

En effet, alors que la loi relative à la sécurisation de l'emploi a instauré depuis 9 mois la généralisation de la couverture complémentaire au profit de tous les salariés, la majorité d'entre eux déclare ne pas en avoir connaissance. Cela n'est pas étonnant lorsque l'on sait que près d'une entreprise sur 3 ignore son obligation : les salariés de ces entreprises n'ont donc pas pu être informés de leurs droits.

Dans le cadre de cette généralisation, les salariés qui ne bénéficient pas encore d'un contrat collectif expriment des attentes fortes :

  • 81% souhaitent que le niveau des garanties soit négocié au sein de leur entreprise  car ils craignent que celles fixées par la loi soient insuffisantes pour répondre à leurs besoins. Ils ne sont que 15% à se dire prêt à se contenter du niveau de garantie minimal prévu par la loi ;
  • 84% voudraient des garanties familiales car ils espèrent que leur complémentaire couvrira leurs ayants droit.

Ceux qui en ont déjà une (2 salariés sur 3) se disent satisfaits de son coût : 47% estiment qu'ils la paient au juste prix et 21% pensent qu'ils ne la paient pas cher.

Sans aucune surprise, ce sont les salariés des grandes entreprises qui ont les meilleurs taux de couverture de prévoyance (invalidité, décès, épargne retraite…), car celui-ci augmente avec l'effectif de l'entreprise.

"Info-plus" La généralisation de la complémentaire santé, c'est pour quand ?

La loi de la sécurisation de l'emploi du 14 juin 2013 instaure une généralisation de la mutuelle d'entreprise selon un calendrier bien déterminé.

Dans un premier temps, les négociations (pour déterminer le niveau des garanties, le choix de l'assureur…) s'ouvrent au niveau de la branche (c'est-à-dire de la branche d'activité).

Dans un second temps, si aucun accord n'est trouvé, les négociations se poursuivent au niveau de l'entreprise.

A défaut d'accord d'entreprise, c'est l'employeur, seul, qui décide des modalités de mise en place de la complémentaire santé.

Quoi qu'il en soit, tous les salariés seront, au plus tard le 1er janvier 2016, couverts par une couverture collective frais de santé.