Cette amélioration de la couverture de sécurité sociale permet à de nombreux salariés précaires, travaillant à temps partiel ou alternant des contrats courts et des périodes de chômage, de prétendre au versement des indemnités journalières de sécurité sociales (IJSS) alors qu'ils en étaient auparavant exclus.

Pour avoir droit aux prestations en espèces des assurances maladie, maternité, et invalidité et du congé de paternité et d'accueil de l'enfant, l'assuré doit justifier d'une durée de travail minimale, qui a été abaissée par décret (1).

En effet, il est désormais possible d'obtenir le versement d'indemnités journalières versées par la sécurité sociale dès 150 heures de travail (au lieu de 200) par trimestre ou 600 heures (au lieu de 800) par an.

les femmes sont particulièrement exposées à l'emploi précaire

Ministère des affaires sociales

Dans un communiqué, le ministère des affaires sociales défend cette mesure qui s'inscrit notamment dans "le cadre de l'action du gouvernement pour la promotion de l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, car les femmes sont particulièrement exposées à l'emploi précaire" et qui "répond également à la préoccupation de préserver la continuité et la qualité de vie des malades du cancer".

Lorsqu'un salarié tombe malade et que son médecin lui prescrit un arrêt de travail, il perçoit, s'il remplit les conditions requises (voir ci-dessus), des indemnités journalières versées par la sécurité sociale.

Ces indemnités sont versées après application d'un délai de carence de 3 jours, c'est-à-dire à partir du 4e jour. Pour pallier cette perte de revenus, de nombreuses conventions collectives prévoient un maintien de salaire immédiat, c'est-à-dire sans jour de carence.

A ce sujet, une récente étude de la Drees (2) démontre que les salariés en arrêt maladie qui bénéficient d'un maintien de salaire dès le 1er jour d'absence connaissent en moyenne presque 7 jours d'arrêt de travail en moins sur l'année que ceux qui ne sont pas couverts par un tel dispositif (14,5 jours d'arrêt de travail pour les premiers contre 21,3 pour les seconds).

Cette étude fait donc clairement ressortir une corrélation entre prise en charge du délai de carence et durée des arrêts de travail. Peut-être que cette étude, menée par le ministère des affaires sociales, donnera envie au Gouvernement de revoir sa copie et de supprimer le délai de carence, comme il l'avait fait en 2014 pour la fonction publique ?