En effet, ceux qui occupent les plus petits temps partiels, et qui ont déjà un statut de travailleur précaire, ne perçoivent aucune indemnité lorsqu'ils sont en arrêt maladie.

Ils souhaitent assouplir les règles permettant de prétendre au versement d'indemnités journalières en cas d'arrêt de travail pour maladie en supprimant la condition des 200 heures travaillées au cours des 3 derniers mois, nécessaire pour l'ouverture des droits. "Il faut que la loi rétablisse ces salariés dans leur droit afin de mettre un terme à cette situation de "déni de droit" " a écrit la sénatrice Aline Archimbaud.

En d'autres termes les salariés qui travaillent moins de 16 heures (soit moins qu'un mi-temps) chaque semaine cotisent au régime de l'assurance maladie, mais ne travaillent pas suffisamment pour que leurs droits à indemnisation soient ouverts.

Cette condition des 200 heures de travail prive donc les salariés qui sont déjà les plus pénalisés de leurs indemnités journalières de sécurité sociale. "Cela a pour conséquence de précariser davantage des personnes qui sont déjà dans des situations très fragiles" avait déclaré François Hollande en 2006, alors qu'il était député de Corrèze. Il avait rajouté que, de surcroît, "ces personnes subissent la plupart du temps plus qu'elles ne choisissent cette situation professionnelle".

Les parlementaires souhaitent que le seul fait d'avoir travaillé au cours d'une période de référence suffise à l'ouverture des droits, peu importe le nombre d'heures qui a été travaillé. Cela permettrait à de nombreuses personnes, actuellement privées de ressources lorsqu'elles sont malades, de percevoir des IJSS.

"J'ai l'impression que je n'ai pas le droit de m'arrêter ! Pourtant, j'ai toujours travaillé, malgré la maladie" confiait une salariée qui exerce une activité réduite à temps partiel thérapeutique, au journal Le Monde.

Certains salariés confient que lorsqu'ils sont malades, ils essaient de trouver "un arrangement" avec leur employeur, afin de compenser l'absence de rémunération pendant cette période.

"Info-plus" L'indemnisation en cas d'arrêt de travail pour maladie

Seuls sont indemnisés durant leur arrêt maladie (inférieur à 6 mois) ceux qui justifient avoir effectué au moins 200 heures au cours des 3 derniers mois précédant l'arrêt de travail ou, à défaut, qui ont perçu un salaire équivalent à 1.015 fois le Smic horaire au cours des 6 derniers mois (soit 1.595 euros brut par mois).

A condition de remplir ce critère, le salarié malade perçoit, après un délai de 3 jours de carence, une indemnité égale à 50% de son salaire de base.

Ce revenu peut être complété, selon ce que prévoit la convention collective. Par exemple, la convention collective de la banque n°3161 prévoit un maintien de salaire à 100% pour les salariés ayant au moins 1 an d'ancienneté, en raison de leur absence pour maladie, accident ou cure thermale.