La Cour de cassation a déjà eu l'occasion de rappeler que la seule mésentente d'un salarié avec son entourage professionnel ne saurait justifier un licenciement en l'absence de tout élément concret et objectif de nature à mettre en cause le salarié. Même lorsqu'il dispose d'éléments objectifs, l'employeur doit cependant agir avec circonspection.

Dans certains cas, la mésentente peut se transformer en véritable harcèlement et l'employeur est alors tenté de répondre sans délai en licenciant le salarié responsable. Vitesse n'est pourtant pas précipitation!

La Cour d'appel de Paris (CA PARIS, 15.04.2011, n°08-09542, Croix Rouge Française c ./M) vient de rappeler que même lorsqu'il dispose de nombreuses plaintes du personnel, l'employeur ne saurait licencier sans avoir au préalable mis en oeuvre des mesures amiables de nature à permettre le retour à des conditions de travail normales.

Le licenciement reste l'ultime solution et l'employeur s'est vu en l'espèce reprocher la trop grande célérité dont il avait fait preuve, très certainement soucieux du respect de son obligation de sécurité de résultat.

Le licenciement pour mésentente, en l'absence de démarches amiables préalables, expose donc l'employeur au paiement d'indemnités de licenciement sans cause réelle ni sérieuse.

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