Le groupe de distribution Carrefour, premier employeur privé de France, pourrait supprimer 3.000 postes. C’est ce qu’affirment les syndicats FO et CFDT. La direction n’a souhaité faire aucun commentaire.
 

La rentabilité du groupe a chuté en 2011. Dejan Terglav, secrétaire général en charge du commerce pour FO, précise que les suppressions concerneraient environ 20 salariés par magasin. La France compte environ 200 magasins. Le reste concernerait les sièges sociaux. Le syndicaliste se fonde sur les affirmations de certains cadres supérieurs qui auraient vu des notes écrites et des plans.
 

Serge Corfa, responsable CFDT du groupe, est plus pessimiste encore. L’enjeu pourrait être le démantèlement du groupe Carrefour, qui n’hésiterait plus à vendre ses magasins.
 

George Plassat, qui vient d’être nommé à la tête de Carrefour pourrait faire des annonces relatives aux éventuelles suppressions d’emplois au cours d’une réunion du comité de groupe. Ce comité de groupe pourrait être repoussé au mois de juin. En effet, pour les deux syndicats, si la première annonce de George Plassat après son arrivée à la tête du groupe est la suppression d’emploi, le moral de la société sera au plus bas et des conflits sociaux verront le jour.
 

Le bénéfice net de Carrefour, qui emploie 471.000 personnes dans le monde, a chuté de 14,3 % en 2011. Carrefour perd notamment des parts de marché en France face à Casino et Leclerc.
 

Pensez-vous que Carrefour supprimera des emplois ?

« Info Plus » Licenciements pour motif économique :
 

Selon l’article L. 1233-3 du Code du travail, constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié résultant d’une suppression ou transformation d’emploi ou d’une modification, refusée par le salarié, d’un élément essentiel du contrat de travail, consécutives notamment à des difficultés économiques ou à des mutations technologiques.
 

En cas de licenciement économique de plus de 10 salariés sur une même période de 30 jours et dans les entreprises de plus de 50 salariés, un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) doit être élaboré. Selon les articles L. 1233-61 et suivants du Code du travail, le PSE vise à « éviter les licenciements ou en limiter le nombre et à faciliter le reclassement du personnel dont le licenciement ne pourrait être évité ». Il prévoit obligatoirement des offres et des mesures de reclassement internes et externes à l’entreprise.

Par Juritravail

Source : Le Monde, le 27 avril 2012