Le syndicat CGT accuse la direction de PSA, qui a pris le parti de fermer l'usine, de désorganiser et isoler la grève. Un des directeurs de l'usine dénonce, quant à lui, les dégradations commises par les grévistes.

Les salariés d'Aulnay-sous-Bois ont entamé, la semaine dernière, une grève suite au plan de restructuration qui prévoit la fermeture, en 2014, d'un des sites.

La direction a interrompu la production du site, ce lundi, pour un "problème technique sur une installation électrique à la peinture" et du fait des mauvaises conditions météorologiques, à indiqué un de ses porte parole. C'est pourquoi la CGT l'accuse de vouloir désorganiser la grève.
Le porte parole de la direction ajoute que cette fermeture "n'a rien à voir avec la grève".
Les grévistes estiment qu'il s'agit de "pipo" et que la direction tente de "démoraliser les ouvriers".

Philippe Julien, de la CGT, déclare travailler à la maintenance et que la panne "aurait été détectée vendredi (...) qu'ils auraient eu tout loisir de réparer ça s'ils l'avaient voulu". Il ajoute que "fermer l'usine pour se débarasser de la grève, ça s'appelle du lockoutage et c'est illégal".

La direction affirme qu'il "n'y a pas que la panne (...)". Denis Martin, directeur industriel du groupe, critique les "méthodes totalement inacceptables" de certains grévistes qui font "régner la terreur" et profèrent "des menaces de mort" contre les non-grévistes.

Le chargé de communication déclare quant à lui, "nous sommes obligés d'assurer la sécurisation de nos sites pour éviter les débordements. (...) Il y a eu des vitres cassées. Des extincteurs ont été vidés. D'autres ont disparu. Il existe une règlementation : ce n'est pas possible de faire travailler du personnel dans ces conditions". Le climat est "de plus en plus violent" et "les collaborateurs ont peur".

Des CRS ont été déployés lundi autour des sites concernés.

Les syndicats CFDT, CFTC, CFE-CGC et FO, dans un communiqué commun ont écrit qu"une très grande majorité des salariés ne se reconnaissent pas dans ce type de méthodes. Nous ne pouvons pas cautionner ces débordements".


"Info-Plus" : le lock-out

Le lock-out correspond à la fermeture temporaire de l'entreprise ou d'un service, par l'employeur, pendant une grève ou un conflit collectif, lorsque la poursuite d'une activité normale est rendue impossible.

Le lock out est considéré comme licite par la jurisprudence dans les cas suivants :
  • situation contraignante rendant impossible la poursuite de l'activité ;
  • impératifs de sécurité et de discipline ;
  • force majeure.

A contrario, il est illicite lorsqu'il est utilisé de manière préventive ou s'il constitue une mesure de rétorsion.

Source : Le nouvel Observateur, 21 janvier 2013