Alors quel est le remède pour inverser cette tendance et remotiver les collaborateurs ? Faire plus de compliments sur la qualité du travail effectué ? Accorder des promotions ? Des augmentations de salaires ? Les solutions managériales à envisager peuvent être de différents ordres, mais pour les experts, toutes ne se valent pas, et cela se traduit par l'analyse des résultats obtenus sur le terrain et par le comportement des salariés en réaction aux techniques de management employées.

Ainsi, il ressort de l'observation effectuée entre les années 2001 et 2012, que le progrès accompli sur le plan du management n'a eu qu'un impact minime sur le gain obtenu en termes d'implication des salariés (l'Allemagne affiche une évolution positive concernant 5% des salariés constatée sur plus d'une décennie).

Pour les experts, les entreprises ne peuvent inverser la tendance que si elles prennent en compte les besoins des salariés ne se traduisant pas par des compliments comme "beau travail", mais par le respect et la confiance. Pour nombre de managers, la qualité la plus recherchée est "la capacité à réfléchir" du collaborateur, pourtant, ceux-ci prennent systématiquement les décisions. Les actes contredisent dès lors les paroles et l'entreprise se confronte alors à une réaction négative des salariés "dépouillés" de leur pouvoir de décision. L'intérêt de la tâche confiée, sa richesse et la diversité des actions du collaborateur doivent être favorisés par l'entreprise pour renforcer le sentiment de valeur du travail accompli.

La robotisation du travail ou la répétition des tâches demandant une exécution "sans réflexion", cannibalise la motivation et donc la volonté d'investissement pour le compte de l'entreprise. Dès lors, la compensation demandée se résume à une augmentation de salaire.

Pour combattre ce désengagement massif à l'origine de lourdes pertes (chiffrées en milliards d'euros) pour les entreprises,  il convient de donner à l'employé les moyens de réaliser le travail dont il est capable. Il s'agit dès lors d'adopter une logique de promotion des compétences. Concrètement, cela revient, par exemple, à demander à un collaborateur : "Qu'est-ce qui risque aujourd'hui de vous empêcher de bien travailler ?".

"Info-plus" Quand le manque d'implication devient insuffisance professionnelle 

Lorsque l'employeur constate une récurrence dans les erreurs commises par un salarié dans le cadre de son travail, une lenteur, un manque d'application ou encore des négligences qui ne se rattachent pas à une faute du salarié, il se peut que ces constations soient le résultat d'une incapacité du salarié à occuper son poste.

La perte de dynamisme d'un cadre qui se serait réfugié dans la routine attestée par des erreurs commises dans la fabrication et par des insuffisances de propreté de l'usine (Cass. Soc. 28 novembre 1991, n°90-42794) ou encore le manque de contact avec la clientèle (Cass. Soc. 19 avril 2000, n°98-40112) ont été reconnus comme étant des comportements entrant dans la sphère de l'insuffisance professionnelle justifiant qu'il soit recouru à un licenciement.

Il est indispensable d'appréhender la relation de travail dans son ensemble (formation, qualité du travail sur l'ensemble de la durée du contrat, ancienneté, etc…) pour apprécier la situation et sécuriser la rupture d'un contrat de travail en raison de l'insuffisance professionnelle. Prendre la bonne décision requiert analyse et connaissances du contentieux dans la matière, n'hésitez pas donc à prendre contact avec notre plateforme d'experts et d'avocats pour profiter de conseils personnalisés.