C'est à la barre du conseil des Prud'hommes que s'est conclue cette affaire dans laquelle une caissière de la supérette hard discount Lidl s'était autorisée à grignoter un pain au chocolat alors qu'elle ne l'avait pas payé.

Ce comportement, éveillant l'animosité de la direction, s'était soldé non pas par un avertissement ou une autre sanction de même nature mais, croyez le bien, par l'une des plus fortes sanctions applicables en matière disciplinaire : la rupture du contrat de travail sans préavis synonyme d'une impossibilité immédiate de maintenir la relation de travail ! Oui, le licenciement de cette salariée au casier disciplinaire vierge, et disposant d'une ancienneté en CDI dans l'entreprise de 2 ans, était fondé sur une faute grave

Selon l'enseigne, il fallait voir dans les faits exposés précédemment un manquement à une : "obligation de loyauté envers la société ainsi qu'aux consignes applicables dans l'entreprise, à savoir que les achats pour consommation sur le lieu de travail donnent lieu à un ticket par article acheté et sont payés immédiatement".

Un regard qui peut sembler bien froid sur la situation au vu de la gravité des faits reprochés, de la valeur d'une marchandise de 39 centimes d'euros et de l'intention malveillante de la salariée fautive ! Il semble bien qu'ici, l'évaluation de la gravité des faits ait été largement surestimée, comme cela se déduit du verdict rendu par les juges de première instance ayant condamné la surface de vente à une indemnisation dépassant les 15.800 euros au profit de la salariée.

Il faut l'avouer, l'enseigne semblerait bien mal inspirée de faire appel de ce jugement empreint d'un certain humanisme !

"Info-plus" Le vol peut-il justifier le licenciement du salarié ?

La sanction à laquelle s'expose un salarié qui se rend coupable d'un vol sur son lieu de travail dépend de plusieurs paramètres (fonction du salarié, ancienneté, passé disciplinaire, etc...) dont la valeur de l'objet concerné.

Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un acte répréhensible susceptible d'entraîner une sanction disciplinaire à son égard. La jurisprudence en la matière ne manque pas.
Le vol de nourriture n'échappe pas à la règle ! Le vol d'une pizza par une caissière de libre-service est passible d'un licenciement pour cause réelle et sérieuse (Cass. Soc. 29 janvier 2008, n°06-43501). Lorsque l'objet volé est d'une faible valeur (plaque de chocolat) et que le salarié concerné a une ancienneté importante, un licenciement n'est pas justifié (Cass. Soc. 19 mai 1993, n°91-43706).

Souvenez-vous, bien mal acquis ne profite jamais !