Le rachat de l’enseigne high-tech Saturn par son concurrent Boulanger ne se déroule pas au mieux. Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) n’a pas été adopté par les institutions représentatives du personnel. 415 suppressions d’emplois sont prévues, pour un effectif total de 1500 salariés. Le reclassement de 377 salariés est prévu par le PSE, ce qui, selon un élu CFDT, n’est pas réalisable car il n’y a pas autant de postes disponibles dans les magasins Boulanger.

La direction a fait savoir que si le ce PSE n’était pas adopté, elle saisirait la justice. Cela aurait pour conséquence l’application des minima légaux, beaucoup moins favorables aux salariés que les indemnités prévues par le PSE.

Les syndicats CFDT et CGT dénoncent un « chantage inacceptable ». Ils ne veulent pas adopter un PSE qui prévoit par exemple que les anciens vendeurs de Saturn seraient immédiatement licenciés, avec seulement 0,2 mois de salaire par année d’ancienneté, s’ils refusaient de signer un avenant à leur contrat de travail aboutissant à réduire leur rémunération de 30 %.

Les syndicats dénoncent plus largement un « climat pourri » instauré par les cadres de Boulanger qui mettent beaucoup de pression aux anciens Saturn. Un délégué syndical FO s’est même suicidé l’été dernier. Le comité d’entreprise a demandé un audit des risques psycho-sociaux, comme cela avait été fait chez France Télécom lorsque les suicides s’étaient multipliés.

Pensez-vous que les salariés devraient tout de même adopter le PSE ?

Source : Libération, le 3 février 2012