Electrolux, fabricant suédois d’électroménager, a annoncé son intention de céder ou fermer dans les deux prochaines années son usine de fabrication de lave-linge à chargement par le haut, à Revin (Ardennes) qui emploie 419 salariés. A la suite de cette annonce, les salariés se sont mis en grève et ont été manifestés devant la préfecture de Charleville-Mézières. Les salariés se rendront également mercredi à Senlis (Oise) pour manifester devant le siège du groupe après la tenue d’un comité central d’entreprise extraordinaire.

La direction a précisé que des négociations seront organisées avec les représentants du personnel afin de trouver des solutions. Elle a indiqué que l’entreprise qui disposait de deux ans pour trouver un repreneur ne procéderait à aucun départ forcé pendant toute cette période.

Selon le délégué CFDT Lysian Fagis, cette annonce de fermeture est une surprise alors que les salariés avaient présenté au groupe Electrolux un projet viable permettant de faire perdurer l’entreprise et à très court terme de gagner beaucoup d’argent. Ils avaient envisagé de fabriquer eux-mêmes des produits déjà vendus par la marque, mais produits par d’autre entreprise.

L’usine de Revin a déjà été touchée en 2010 par lé délocalisation de la production d’une marque d’entrée de gamme des lave-linge vers un autre site du groupe en Pologne. L’usine conservait les marques Electrolux et AEG, marques qui à leur tour, vont être transférées en Pologne. Depuis 2007, Electrolux a fermé 12 usines dans le monde et fait désormais produire 60% de ses produits dans les pays à bas coûts.

Pour Guillaume de Noinville, le président d’Electrolux France, l’usine de Revin commence à présenter des risques sur le plan de la compétitivité. Le groupe va mettre à profit les deux prochaines années pour rechercher une solution industrielle sérieuse permettant de conserver un maximum d’emplois et de protéger les emplois sur le site.

 « Info plus » Le licenciement économique pour réorganisation de l’entreprise

La réorganisation de l’entreprise constitue un motif économique de licenciement si elle est effectuée pour sauvegarder la compétitivité du secteur d’activité du groupe auquel l’entreprise appartient (arrêt de la Chambre sociale de la Cour de cassation du 10 décembre 2003, n° de pourvoi 02-40293).

La réorganisation peut être décidée pour prévenir des difficultés économiques à venir liées à des évolutions technologiques et leurs conséquences sur l’emploi, peu importe l’absence de difficultés économiques lors de la mise en œuvre de la réorganisation (arrêt de la Chambre sociale de la Cour de cassation du 11 janvier 2006, n° de pourvoi 04-46201).


Et vous, pensez-vous que le plan de sauvegarde de l’emploi mis en place par Electrolux permettra de reclasser les 419 salariés dont le poste est supprimé ?


Par Juritravail

Source : Libération, le 23 octobre 2012