Le comité central d’entreprise d’Air France (80M€ de budget total, 19 centres de vacance, 261 salariés en CDI) serait au bord de la cessation de paiement. Un chèque de 4, 183M€ encaissé mi-juin a permis de sauver temporairement le CCE in extremis. Selon la CGT ce chèque permettrait de tenir jusqu’aux alentours du 20 août, au-delà, personne ne peut le dire. Le CCE affiche un déficit de trésorerie de 14 M€.

Les sept comités d’entreprise chapeautés par le CCE sont également menacés. En effet le CCE leur reverse tous les deux mois une part de subvention. Parmi ces trois comités d’entreprise trois sont sensibles : le cargo, la maintenance et l’exploitation au sol. Si ceux-ci ne sont pas alimentés ils devront se déclarer en faillite en septembre.

Comment expliquer un tel désastre ?

La principale explication réside dans le fait que depuis plusieurs années les navigants perçoivent directement leur quote-part de subvention. Cela a eu pour effet d’amputer de 40% les ressources annuelles du CCE.

Le CCE souffre également d’un manque de direction. En effet le 8 juin la CGT a perdu le contrôle de l’organe central. Son plan de sauvetage ayant pour but de décrocher une ligne bancaire de 17 M€ a été refusé par les autres syndicats. Plan qui avait pourtant été appuyé trois mois plus tôt.

Selon la CFDT le plan de sauvegarde de l’emploi de la CGT ne va pas assez loin : il faudrait licencier de 80 à 90 personnes, vendre du patrimoine et revoir les prestations. De son côté la CGT estime avoir été trahi : son débarquement interviendrait au moment où la direction s’apprêterait à lancer un plan de restructuration. Toujours selon la CGT c’est la fin du CCE actuel, dont l’éclatement est proche. Seuls les 17 M€ auraient pu le sauver.


« Info plus » le fonctionnement du comité central d’entreprise

Le CCE est composé d’un nombre égal de délégués titulaires et de suppléants. Ceux-ci sont nommés pour chaque établissement par le comité d’établissement parmi ses membres.

Le comité central d’entreprise est doté de la personnalité civile. Il est présidé par l’employeur, qui est assisté éventuellement de deux collaborateurs ayant voix consultative.  Le CCE se réunit au moins une fois tous les six mois au siège de l’entreprise sur convocation de l’employeur. Il peut tenir des réunions exceptionnelles à la demande de la majorité de ses membres.

Si les comités d’établissement gèrent les activités sociales et culturelles, ils peuvent confier au CCE la gestion d’activités communes. Les attributions respectives des comités d’établissement et du CCE peuvent être définies par accord collectif.


Et vous, pensez-vous que le CCE d’Air France puisse être sauvé ?

Par Juritravail

Source : Le Parisien, le 2 juillet 2012