Après de longues négociations, les syndicats du constructeur automobile ont signé un accord de compétitivité.


La CFE-CGC, la CFDT et FO ont en effet signé, mercredi 13 mars 2013, le projet de la direction qui a été présenté la veille au comité central d'entreprise du groupe. Seule la CGT s'est opposée au projet.


Concrètement, cet accord prévoit :

  • une réduction des effectifs de 7.500 salariés embauchés en France par le groupe d'ici trois ans, la plupart à travers des départs à la retraite non remplacés, sans plan de départ volontaire ni plan de sauvegarde de l'emploi ;
  • un gel des salaires pour l'année 2013 ;
  • une hausse du temps de travail de 6,5% par an.


Afin de garder leur emploi, les salariés de Renault vont donc devoir accepter davantage de flexibilité dans l'organisation de leur temps de travail et seront contraints de travailler plus pour gagner autant.


En contrepartie, la direction du groupe s'engage à :

  • ne pas fermer de site industriel en France jusqu'en 2016 ;
  • augmenter le nombre de véhicules produits sur le territoire français par rapport à l'année 2012, qui passerait ainsi de 530.000 à 710.000 d'ici 2014 afin de pérenniser l'emploi des salariés employés sur les sites appartenant au constructeur.


Selon Carlos Ghosn, PDG du groupe, cet accord "donne à Renault les moyens de renouer avec la compétitivité en France". Quant à la CFE-CGC, ce "n'est pas un bon accord", mais un accord "donnant-donnant" et un "pari sur les quatre prochaines années". De son côté, la CGT, qui n'a pas voulu signer l'accord, estime qu'il s'agit d'un accord "sans aucune contrepartie".


"Info-plus" sauvegarde de la compétitivité : accord collectif ou licenciements


Lorsqu'une entreprise souhaite relancer sa compétitivité elle peut décider d'emprunter la voie négociée et conclure avec les partenaires sociaux un accord de compétitivité ou prendre des mesures unilatérales de licenciement, afin de réorganiser l'entreprise.

  • un accord de compétitivité permet de trouver un équilibre entre flexibilité de l'emploi et sécurité du marché du travail. Il répond à un souci de traiter conjointement enjeux économiques et emploi ;
  • la réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité peut justifier des licenciements économiques.

Source : Le Parisien, 13 mars 2013