Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT a donné une interview à l'Express, à quelques jours de la seconde conférence sociale des 20 et 21 juin 2013.

Pour la CFDT, c'est la durée de cotisation qui doit être le critère déterminant pour l'ouverture des droits, et non l'âge légal, ce qui "permettrait de répondre au problème des salariés ayant accompli des carrières longues, mais n'ayant pas l'âge requis".

Selon Laurent Berger, il est nécessaire de réduire les inégalités entre les hommes et les femmes car ces dernières perçoivent une retraite moyenne de 1.100 euros contre 1.700 euros pour le sexe opposé.

La CFDT prêche pour une réforme de fond du régime de retraite afin que le "système soit plus juste et plus lisible".

La centrale syndicale n'est pas opposée à un rapprochement des différents régimes, "à condition de prendre en compte la spécificité des carrières et des structures de rémunération, ainsi que la situation des polypensionnés, de plus en plus nombreux, qui sont pénalisés du fait de leur mobilité professionnelle". Sur ce point, la position de la CFDT est en complet décalage avec la position défendue par les syndicats CGT et FO.

Le syndicat est totalement réfractaire 'à une baisse des pensions, ainsi qu'à un report de l'âge légal de départ, car pénalisant, selon lui, les salariés qui ont débuté très tôt leur carrière.

La CFDT souhaite que la réforme s'attache à la réparation de la pénibilité.

Le secrétaire général rappelle que la remise du rapport Moreau - qui a pour objet d'envisager les pistes de réformes - lancera les concertations.

Selon lui, "la CFDT dira si elle est d'accord ou pas, en fonction des sujets abordés et des mesures proposées. Elle n'a pas la volonté de signer en bas de la feuille car il s'agit d'une concertation et non d'une négociation".

Évoquant les relations avec les autres organisations syndicales, Laurent Berger précise que "la CFDT trace son chemin en fonction de ses propres objectifs. Notre détermination et notre méthode paient. Il y aura des moments où nous parlerons avec les autres syndicats, sans ostracisme, mais nous ne nous laisserons pas imposer d'oukase. Il ne suffira pas que l'on nous siffle pour que l'on vienne. Avec la CGT, si nos propositions se rejoignent, on fera ensemble. Sinon, nous dirons nos désaccords, sans qu'il y ait rupture".

Ainsi, la CFDT, à l'aube de la conférence sociale et avant le lancement de la concertation sur la réforme des retraites, se montre plus conciliante, mais pas non plus prête à tout accepter.

"Info-plus" durée d'assurance nécessaire pour bénéficier d'une retraite à taux plein

Un salarié, lorsqu'il part à la retraite peut percevoir une retraite à taux plein à partir de l'âge légal de départ à la retraite ou, sans attendre cet âge, s'il justifie d'une certaine durée d'assurance.

Cette durée d'assurance varie en fonction de l'année de naissance, comme suit :

Année de naissance

Durée d'assurance nécessaire pour bénéficier du taux plein

1948

1949

1950

1951

1952

1953

1954

1955

1956

160 trimestres (40 ans)

161 trimestres (40 ans et 3 mois)

162 trimestres (40 ans et 6 mois)

163 trimestres (40 ans et 9 mois)

164 trimestres (41 ans)

165 trimestres (41 ans et 3 mois)

165 trimestres (41 ans et 3 mois)

166 trimestres (41 ans et 6 mois)

166 trimestres (41 ans et 6 mois)

Source : l'Express, 11 juin 2013