Chez le fabriquant de pneumatiques Goodyear, le dialogue se tend et la CGT utilise les grands moyens.

La séquestration de 2 cadres survenue pendant près de 30 heures dans l'usine d'Amiens-Nord a déclenché une vive réaction de la part de la direction, qui décide de donner des suites pénales à cette affaire.

Dans un contexte, de suppression d'emplois de grande ampleur qui frappe les salariés de Goodyear, la CGT n'entend pas se contenter des maigres moyens mis en place par la direction pour se séparer de ses employés.

Au cœur des revendications se trouve la renégociation du plan de sauvegarde de l'emploi adopté par la direction.

L'organisation syndicale se montre déterminée à obtenir la renégociation de conditions financières dignes de départ des salariés. L'occupation du site représente l'émission d'un signal en ce sens. La volonté ainsi exprimée est simple : la perte des emplois ne peut pas se concevoir sans la négociation d'une prime de départ "honnête". La CGT s'investit et tient bon jusqu'au bout, mais pour Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, les actions menées contre les cadres de la direction retenus dans les locaux doivent être interprétées comme des "actes de désespoir".

Devant "l'insensibilité" de la direction face aux demandes salariales, la CGT indique néanmoins, que la pression exercée par les salariés devrait continuer avec le blocage d'un stock de plus de 200.000 pneus contenus au sein du dépôt de l'usine. Une initiative de plus, conduite par les salariés dans l'espoir que s'ouvre un nouveau chapitre de négociations.

Le syndicat affirme sa volonté de ne pas voir le chaos se répandre au sein de l'usine. Bien au contraire selon l'organisation syndicale, il va de l'intérêt de tous que l'ordre et la sécurité soient maintenus sur le site.

Le caractère illicite de l'occupation des locaux est démenti par la CGT qui se déclare prête à faire cesser toute perturbation en échange d'une issue négociée, c'est  dire : "laisser les 241.000 pneus et le site en échange d'un accord de fin de conflit qui permette aux salariés de partir avec les garanties les plus conséquentes possibles".

Le Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, a quant à lui, lors d'une interview du 13 janvier 2014, appelé les deux parties à "mettre de l'eau dans leur vin", afin de sortir de cette impasse.

"Info-plus" Accords de fin de conflit

Lorsqu'une cessation de travail concertée et collective des salariés perdure et que le climat social s'envenime devant l'absence de solutions visant à mettre un terme à un différend entre la direction d'une part et les représentants du personnel et les salariés d'autre part, le déblocage de la situation peut résulter de la négociation d'un accord de fin de conflit.

Un tel accord permet de surmonter l'obstacle par la formalisation de concessions réciproques entre les parties (cessation des perturbations causées sur le site contre le paiement des jours de grève par exemple, etc…).

Le protocole de fin de conflit peut prendre des formes variées et il peut contenir des clauses de natures très diverses mais il doit avoir une portée générale.