Les salarié soutenus par Thierry Dubois, délégué syndical de la CFDT, font bloc et cessent le travail réunis ensemble devant une entreprise fermée pour manifester leur sentiment de colère à l'égard d'une direction impassible.

L'absence du patron, de communication, de soutien cumulée à des conditions de travail qui n'ont pas toujours étaient des plus faciles, puis maintenant la perte d'emploi pèsent lourd sur le moral des travailleurs en quête de réponses et de reconnaissance.

A l'époque le groupe marchait bien. Selon Thierry Dubois, il réalisait 400 millions d'euros de chiffres d'affaires soit "l'équivalent d'un placement à 3 ou 4%, plus qu'un livret A". Les difficultés émergeaient après le rachat par un groupe spécialiste en engrais choisissant de diversifier l'activité vers la biscuiterie et la charcuterie tourangelle. L'activité du groupe ralentissait au fur et à mesure que ses clients se raréfiaient en raison d'une dégringolade de la qualité des produits. Le groupe faisait finalement l'objet d'une reprise par un autre groupe relevant le défi de remonter les chiffres en 6 mois. L'investisseur déterminé éludait cependant de préciser sa méthode de sauvetage, laquelle intégrait le projet d'un déplacement de production vers une autre usine.

Le choix des salariés licenciés effectué après un décompte de points et un classement obscur laisse certains d'entre eux, frappés par la dure nouvelle d'une perte soudaine de leur poste, dans un état de choc.

Le sentiment d'incompréhension est d'autant plus grand que le comité d'entreprise disposait de solutions de compromis intéressantes et moins traumatisantes impliquant des départs de salariés volontaires. Mais cette option était balayée d'un revers de manche par les décideurs comme le déplore le représentant de la CFDT : "ils ont choisi eux-mêmes, sans jamais vouloir communiquer avec nous".

Au regard d'un tel contexte,  la grève mise en œuvre à l'usine, résonne sous la tonalité d'un ultime cri de désespoir émanant de salariés en perte de certitude quant à l'avenir de leur usine.

"Info-plus" La grève et le mandat de l'élu au CE

En principe, les salariés sont totalement libres d'exercer leur droit de grève. Aucune  sanction ne peut résulter de l'exercice normal du droit de grève (Cass. Soc. 15 octobre 2013, n°11-18977).

Cependant, les salariés ne peuvent faire un usage abusif de leur droit.

Comme tout autre salarié, l'élu du CE est libre de participer à la grève. S'il y participe, il subira les mêmes retenues sur salaire que les autres grévistes.

En tant qu'élu, son mandat n'est pas interrompu par la grève (Cass. Soc. 27 février 1985, n°82-40173). Il peut prendre des heures de délégation, qui devront lui être rémunérées, circuler librement dans l'entreprise et entrer en relation avec les salariés. Il participe également aux réunions du CE.