La Confédération générale du travail (CGT) lance un appel à l'occupation "illimitée" des locaux des librairies Chapitre non concernées par la reprise du réseau comptant 57 magasins dans l'hexagone et près de 1.200 salariés.

Le réseau était jusqu'à présent sous "perfusion judiciaire" après avoir fait l'objet d'une liquidation judiciaire le 2 décembre 2013, et depuis, d'une autorisation de poursuite d'activité. Se discutait dès lors la reprise de certaines librairies du réseau, devant le Tribunal de commerce.

Seules 26 librairies ont trouvé un repreneur et selon les estimations de la CGT, 21 des librairies parmi les 31 restantes sont condamnées à une fermeture prochaine.

Inévitablement, les perspectives d'un plan social gagnent les esprits et la question de l'enveloppe qui sera affectée à chaque départ contraint est au centre des discussions. 450 salariés seraient concernés par le plan social frappant les magasins non repris. D'ores et déjà, un fossé semble se creuser entre les espoirs formulés du côté des représentants des salariés et les dépenses budgétées par Michel Rességuier, président du réseau qui, avant même la première réunion du CE, levait le voile sur ses intentions en déclarant qu'il n'y aurait pas d'indemnités supra légales.

Prenant acte de cette information, jugée peu satisfaisante, la CGT, premier syndicat du réseau des librairies Chapitre, oriente les projecteurs sur les ressources aux mains des salariés pour faire pression : "les stocks de nos magasins sont nos indemnités. Nous, salariés des librairies Chapitre, nous ne sommes pas responsables de ce gâchis. Après toutes ces années, nous ne partirons pas avec le minimum légal".

L'objectif de ce coup de force est l'obtention "de garanties d'indemnités décentes" revendiquées par l'organisation syndicale instigatrice de cette initiative courageuse. Le bras de fer entre la CGT et la direction des librairies Chapitre semble bien être amorcé.

"Info-plus" Occupation des locaux

L'occupation des locaux doit être regardée comme un acte abusif, constitutif d'une faute lourde, dès lors qu'elle porte atteinte à la liberté du travail des salariés non grévistes et empêche le libre exercice de son activité par l'employeur ou si elle comporte des risques pour la sécurité des personnes.

Dès lors qu'elle ne s'accompagne d'aucune atteinte à l'outil de travail, l'occupation du lieu de travail ne constitue qu'une modalité de l'exercice du droit de grève et ne peut donc s'analyser comme constituant un trouble manifestement illicite (TGI Saintes, 26 octobre 1998 n° 98-2085).