Pour contrôler l’activité de leurs salariés, certains employeurs ont recours à des procédés illégaux, qui vont à l’encontre du respect de la vie privée des employés.

Le Groupe Aldi, leader de la distribution discount, est accusé d’avoir fait espionner ses salariés dans quelques 300 magasins situés en Suisse et en Allemagne. Ces accusations sont portées par un magazine allemand, qui s’appuie sur le témoignage du détective privé employé pendant près de 15 ans par le Groupe, et qui avait pour mission l’espionnage des salariés.

Wolfgang Paul, le détective, raconte qu’il devait informer la Direction du Groupe, "quand un collaborateur travaillait trop lentement, qu’ [il] apprenait qu'il existait une relation entre deux collaborateurs ou tout autre chose relative à la vie privée, comme par exemple la situation financière des collaborateurs".
Il affirme aussi avoir installé des caméras qui avaient pour objectif de surveiller l’activité des salariés.

Face à ces accusations, Aldi confirme avoir engagé le détective, mais uniquement dans le but de lutter contre les vols et autres délits.


« Info-Plus » : Mise en place d’un système de vidéosurveillance : des règles à respecter

Afin d’assurer  la sécurité des biens et des personnes, l’employeur peut mettre en place un dispositif de vidéosurveillance. Néanmoins, certaines formalités préalables doivent être respectées :

•    Informer et consulter les représentants du personnel : les institutions représentatives du personnel doivent être informées et consultées avant toute décision d’installation d'un système de vidéosurveillance ;

•    Informer les salariés : conformément à l’article L.1222-4 du Code du travail, la surveillance des salariés ne peut se faire à leur insu. C’est pourquoi il est recommandé, avant de mettre en œuvre le dispositif de surveillance, de les informer. Il est préférable de porter individuellement cette information à la connaissance de chaque employé (par exemple, dans le contrat de travail, une note de service…) ;

•    Déclarer le système auprès de la CNIL : un système de vidéosurveillance doit être déclaré à la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés. A défaut, il ne pourra être opposé aux salariés. Autrement dit, aucune sanction disciplinaire ne pourra être prise à l’appui des enregistrements vidéo, si les caméras n’ont pas fait l’objet d’une déclaration auprès de la CNIL.

Source : Le Figaro, 6 janvier 2013.