Même en Asie, le 1er mai, jour de la Fête du travail, a été l’occasion d’importantes manifestations. Des ouvriers des Philippines, d’Indonésie ou encore de Taïwan ont manifesté pour demander des augmentations de salaire afin de sortir de la pauvreté. Les ouvriers commencent à obtenir gain de cause.
 

Les augmentations de salaire ont été les plus fortes en Chine, l’atelier du monde. En 2011, les salaires ont été relevés de 22 %. 2012 devrait s’inscrire dans la même tendance. Par exemple à Shenzhen, à côté de Hongkong, le salaire minimum a augmenté de 13,6 % en février 2012 pour inciter les ouvriers migrants à revenir travailler après le Nouvel an chinois. Le montant de ce salaire minimum pour une semaine de travail de 40 heures est à présent de 1.500 yuans, soit 180 euros.
 

En Thaïlande, le salaire minimum a été augmenté dans 7 provinces sur 76. Il atteint désormais 300 bahts par jour, soit 7,38 euros. Bientôt, le salaire mensuel minimum sera porté à 15.000 bahts pour les titulaires d’un diplôme universitaire du niveau de la licence. L’Inde a connu la plus forte augmentation. En 2011 les salaires y ont augmenté de 12,6 %. En 2012, des hausses de 11,9 % sont encore prévues.
 

La crise de 2008 serait à l’origine de ce mouvement. En Asie, l’économie, axée sur les exportations, a été sévèrement touchée. Les pays ont donc voulu accélérer la transition de leur modèle pour être moins dépendant de l’Occident et faire naître une classe moyenne. Avant 2008, les économistes estimaient que la Chine mettrait 40 ans pour rattraper le niveau de salaire des Etats-Unis. Ce temps est désormais estimé à 20 ans.
 

Mais l’écart avec l’Occident n’est toujours pas comblé, et l’inflation, qui atteint parfois 10 % en Asie, fait disparaître une partie des augmentations de salaire. Il apparaît également que les hausses de salaire profitent surtout aux ouvriers les plus éduqués.
 

En Chine, la formation est inexistante et les entreprises n’investissent pas dans les ressources humaines. C’est pourtant nécessaire pour aller vers une industrie à plus forte valeur ajoutée. Ainsi, la progression des salaires peut devenir un handicap pour les entreprises, dont les entreprises ont parfois un taux de profit très faible. Il pourrait même y avoir de nombreuses faillites.
 

Mais les industriels partis en Asie ne seraient pas près de revenir pour autant. Le coût du travail asiatique reste très avantageux. Cela leur permet également de se rapprocher d’une nouvelle clientèle dont le pouvoir d’achat grandit.
 

Pensez-vous que les entreprises cesseront bientôt les délocalisations en Asie ?

« Info Plus » Salaire minimum :
 

En France, il existe un salaire minimum national, le Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC).
 

Le SMIC est d’ordre public : un employeur ne peut pas verser une rémunération inférieure au SMIC. L’article D. 3231-5 du Code du travail prévoit ainsi que les salariés qui ont un salaire horaire contractuel devenu inférieur au SMIC devront recevoir de leur employeur un complément de rémunération calculé de façon à ce que leur rémunération soit au moins égale au SMIC.

Par Juritravail

Source : Le Monde, le 2 mai 2012