C'est la première fois que l'Insee publie une étude qui apprécie l'espérance de vie en fonction du niveau de diplôme d'un individu et sa classification professionnelle.

Selon les statistiques publiées par l'Insee en février 2016, l'espérance de vie d'un homme cadre est allongée de 6 années par rapport à un salarié qui a le statut ouvrier. Une différence qui s'explique en partie par la pénibilité et les risques professionnels auxquels les ouvriers sont exposés (accidents, maladies, expositions à des produits toxiques).

Prévenir la pénibilité : une obligation pour l'employeur

La prévention de la pénibilité par l'employeur

Chez les femmes, l'écart est moins marqué, mais tout de même présent : une femme cadre vit 3 ans de plus en moyenne qu'une femme ouvrière.

78 ansd'espérance de vie pour les hommes et 85 ans pour les femmes

Même si une femme ouvrière a une espérant de vie moins importante qu'une femme qui a un niveau d'études plus élevé et qui est cadre, elle vit toujours plus longtemps qu'un homme cadre ! En effet, une femme ouvrière vit en moyenne 1 année de plus qu'un homme au statut cadre.
Par conséquent, même si le diplôme et la classification professionnelle sont des facteurs qui influent sur la durée de l'espérance de vie, le sexe l'est d'autant plus. Un constat qui se vérifie à l'échelle de notre société puisqu'une femme vit en moyenne plus longtemps qu'un homme.

Plusieurs éléments peuvent expliquer qu'une femme ouvrière ou sans diplôme vit plus longtemps qu'un homme cadre :

  • la consommation d'alcool d'une femme ouvrière est inférieur à celle d'un homme, à tout âge :
  • elle bénéficie d'un meilleur suivi médical (notamment aux périodes de la vie féconde) ;
  • même si elle est exposé à plus de facteurs de risques, sa durée hebdomadaire de travail, moins élevée, contribue à allonger son espérance de vie.

Enfin, selon certaines études, la nature, qui a créé des inégalités, expliquerait cette espérance de vie plus importante.

Les femmes disposeraient d'avantages biologiques expliquant leur espérance de vie plus longue

Insee Première, n°1584, février 2016

Pour conclure, même si les femmes ont une espérance de vie plus élevée que les hommes, toute classe sociale confondue, les inégalités sociales face à la mort sont bien présentes. Et elles ne sont pas nouvelles, car elles perdurent depuis la fin des années 1970.
Un indicateur qui pourrait relancer les efforts à entreprendre du côté de la prévention de la pénibilité !