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Refus de reclassement

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Piroulette75 2019-12-02 18:52:37

Bonjour à tous, 
Je me retrouve à ce jour dans une situation qui me parait inextricable mais surtout très injuste et malheureusement que je crois savoir devenue banale...
Je suis une femme de 44 ans, je suis en CDI depuis quelques années dans un supermarché en tant qu'employée commerciale (dénomination sur mon contrat), en poste au rayon charcuterie trad' + confection de plats cuisinés sur place chaque vendredi/samedi en plus de tenir le rayon.
Je dépends de la convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire. Si j'ai été embauchée à l'époque par mon premier patron, le magasin ayant été vendu en mars 2019, j'en ai donc un nouveau depuis; mon contrat quant à lui n'a pas changé, mon poste non plus.
Je n'ai jamais eu à déplorer le moindre souci relationnel avec mes collègues, ni avec mon employeur, j'ai toujours entretenu d'excellentes relations avec tout le monde. Je suis d'ailleurs très appréciée par nombre de collègues. Rien à dire donc de ce côté-là.
Malheureusement, courant juillet 2019, j'ai fait une épouvantable crise de sciatique + lombalgie aigue. Je le sentais venir depuis des semaines, des maux de dos passagers etant devenus de plus en plus habituels. De plus, ayant été opérée d'une hernie discale il y a une dizaine d'années, j'ai bien reconnu là les symptômes d'antan... Je n'ai eu d'autre choix que de me mettre en arrêt maladie une quinzaine de jours. Mes congés payés etant en suivant, je n'ai pas fait prolonger de nouveau, malgré les recommandations de mon médecin qui a immédiatement posé son diagnostic suite à un scanner : récidive d'hernie discale. J'ai donc "profité" de mes congés pour reposer mon dos et soulager ma sciatique une quinzaine de jours en plus. Je n'ai volontairement pas voulu les décaler en prolongeant mon arrêt maladie, afin de ne pas remettre en question toute l'organisation de l'équipe sur le rayon, sachant que nous sommes très souvent en sous-effectifs. 
Avant ma reprise, fin août 2019, j'ai demandé un entretien à mon patron afin de voir avec lui les possibilités de me déplacer dans le magasin, pour un poste en caisse particulièrement, seul poste sans port de charges lourdes associé à des gestes répétitifs. Je lui ai expliqué ma situation médicale, sans rien cacher et de manière très claire. Je lui ai expliqué également que mon but n'était pas de me mettre en maladie tous les 4 matins, autant pour lui que pour moi bien sur et que je cherchais la meilleure solution pour nous deux, sans compter que je souhaitais si possible éviter de finir à la médecine du travail avec une inaptitude sur le dos (c'est le cas de le dire !) si mon état venait à empirer.
Il m'a dit qu'il comprenait, qu'il n'était pas contre, qu'il fallait juste lui laisser le temps de me trouver remplaçant(e), qu'il savait qu'il pouvait compter sur mon sérieux en caisse, autant que je l'avais prouvé en charcuterie. J'ai donc repris en charcuterie fin août 2019 et attendu patiemment mon déplacement... 
J'ai attendu longtemps...
... car rien ne s'est passé en fait. Mon patron n'a fait paraitre aucune offre d'emploi, ni en interne, ni en externe (j'ai vérifié), il n'a rien fait, et il a éludé le sujet les semaines qui ont suivies, malgré une relance de ma part.
Jusqu'au mois de septembre où ce qui devait arriver arriva : nouvelle crise de sciatique à ne pas pouvoir me lever du lit un matin, précédée par une après-midi au travail à souffrir le martyre du dos, à ne plus arriver à soulever le moindre jambon, à avoir du mal à servir les clients, à avoir prévenu mon patron à 15h00... qui m'a laissé ainsi jusqu'à 19h00 (quasiment l'heure de la fermeture quoi...). Il m'a laissé seule toute l'après-midi, en sachant dans quel état j'étais et n'a daigné descendre de son bureau qu'à 19h00 donc... J'ai presque fondu en larmes de douleur en le voyant et je lui ai dit que ça ne pouvait plus durer, qu'il fallait vraiment que je sois déplacée sur un poste sans manutention, que mon dos avait atteint ses limites. Il m'a alors clairement dit ne pas avoir de postes en caisse (faux ! La ligne de caisse tourne en sous-effectifs, des arrêts maladies de plus ou moins longues durées, un licenciement pour faute (dont un en août) et beaucoup d'intérimaires en place), que c'était simple : il allait me prendre rdv avec la médecine du travail, que je serai déclarée inapte, que comme il ne pourra pas ma reclasser, je connaissais "la suite", qu'il fallait que je tienne encore le coup "quelques semaines". J'ai compris le message...



 

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  • Visiteur

    Piroulette75 Le 02-12-2019 à 18:53

      visiteur


    Suite : 

    Depuis septembre, je suis en arrêt maladie, je suis passée sur le billard le 12/11/19 pour me faire opérer de cette récidive d'hernie discale car je ne pouvais plus marcher, le nerf étant comprimé, et j'ai du subir une arthrodèse (soudure des vertêbres concernées). Je suis actuellement en convalescence et mon chirurgien m'a annoncé dès le départ 3 mois d'arrêt minimum, rapport à l'arthrodèse. 
    Tout au long de mon arrêt, j'ai régulièrement donné de mes nouvelles par mail à mon patron, il n'a jamais répondu, à part une fois, mais c'était son épouse, une réponse assez concise avant mon opération : "Merci, bon courage". 
    **PARENTHESE A CE SUJET : son épouse occupe en quelque sorte le poste de DRH dans le magasin. Visiblement pas la meilleure des DRH car j'ai dû ce matin (02/12/19) réclamer mon maintien de salaire (30 jours à 100% et 15 jours à 90%) qui ne m'a jamais été versé depuis mon premier arrêt en août. Elle m'a dit qu'elle ne savait pas que ça existait, qu'elle l'avait appris il y a 15 jours... Pourquoi ne pas m'avoir alors contacté afin de régulariser la situation ? Elle a éludé la question. Elle m'a dit ce matin qu'elle envoyait mon dossier à sa prévoyance. J'espère que ce sera rapide, ma situation financière étant critique. 
    Je lui ai demandé le nom de la prévoyance afin de me renseigner sur leurs garanties; elle a de nouveau éludé en passant à autre chose. Il faut savoir que sur mon contrat, le nom de la prévoyance n'apparait pas. Cet après-midi, je lui ai donc envoyé un mail en lui demandé clairement de me faire parvenir le tableau des garanties de sa prévoyance. J'attends toujours la réponse... Nous verrons demain... ou après-demain... Dans l'attente, c'est le cas de le dire, je paye très cher mon arrêt maladie et mon dos flingué. Non seulement, je suis presque sûre de me retrouver inapte par la MT, mais en plus je commence à m'endetter par manque de salaire. FIN DE PARENTHESE**
    La semaine dernière, toujours par courtoisie et car je trouve ça normal, j'ai envoyé un mail afin de donner des nouvelles suite à mon opération, que ça s'était bien passé, blablabla. et j'ai relaté notre entretien d'août afin de savoir où ça en était de ce côté là, de mon remplacement au rayon charcuterie, d'une organisation de mon poste pour une place en caisse, des "quelques semaines" d'attente maintenant écoulées, de mes craintes maintenant que concernant la visite de reprise à la MT, j'étais assez pessimiste et que je préférais anticiper afin de m'organiser, de mon désir d'écourter éventuellement ma convalescence, en accord avec mon chirurgien et sous réserve d'une place en caisse bien sur, pourquoi pas d'un retour courant janvier au lieu de courant février ? J'ai demandé un retour de mail avec des réponses à mes questions. Je l'attends toujours (j'attends beaucoup moi, tel est mon crédo :D). Je pense que je ne l'aurai jamais. 
    Ce matin, lorsque j'ai vu mon patron en me rendant dans le bureau de son épouse, il m'a mollement salué et demandé de mes nouvelles, puis il s'est replongé dans ses affaires. Il m'a royalement ignoré et j'ai bien compris que je ne faisais déjà plus partie de la societé pour lui. Il n'attend qu'une chose : la date de ma reprise, mon passage devant la MT, mon inaptitude et il va tout faire pour se soustraire à ses obligations de reclassement et me licencier pour inaptitude. Je connais le scénario d'avance. 
    Comment va-t-il se soustraire à ses obligations me direz-vous ? Je pense qu'il va jouer sur le fait que oui, il est bardé d'intérimaires en caisse, mais que c'est pour remplacer des arrêts maladie de plus ou moins longues durées. Ca va être sa parade ça, j'en suis quasi certaine. Et Dieu sait qu'ils sont en sous-effectifs en caisse, j'ai encore pu le constater en me rendant au magasin ce jour et en me le faisant confirmer par les responsables qui sont au bout du rouleau tellement il leur manque des hôtesses de caisse. Elles étaient outrées que notre patron ose dire qu'il n'a pas de place en caisse. 


    Visiteur

    Piroulette75 Le 02-12-2019 à 18:55

    Donc, tout ce pavé pour quoi ? Pour une sombre histoire encore tellement banale de vieille bonne femme de 44 ans au dos bousillé, qui sera virée pour inaptitude car il est impossible de se battre contre un patron qui pèse plus lourd qu'elle ? 
    Quelles sont les solutions ? Que puis-je faire ? Comment prévenir avant de guérir ? Comment anticiper la fatalité ? Est-ce utile que j'envoie en courrier et en RAR le dernier mail relatant notre entretien d'août afin que ce soit officiel ma demande de poste en caisse ? Afin de prouver que depuis le début, j'avais anticipé mes problèmes de dos, que je ne voulais pas en arriver là. Est-ce que quelqu'un ici peut m'aiguiller de manière claire sur des démarches ? 
    J'ai l'air guillerette là à écrire, peut-être me trouve-t-on rigolote à lire, que sais-je ? Mais la réalité est bien autre. J'ai donc 44 ans, j'ai un garçon de 11 ans, un mari, des crédits, je ne conduis pas (je n'ai pas le permis), je n'ai aucun diplôme, j'ai le dos bousillé, j'habite une petite ville où il n'y a que 2 supermarchés, dont un excentré et ce n'est pas le mien. C'est simple : si je perds mon travail, c'est fini, je n'en retrouverai plus. Je n'aurai plus qu'à me foutre en l'air car je vais faire quoi jusqu'à la fin de ma vie ? 
    Dans tous les cas, je remercie les courageux d'avoir lu jusqu'au bout. Et pour les autres, no soucy, je crois que je me suis auto-saoûlée moi-même ;)  
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