Jurisprudences
Ex: 10-26644, 355133, 09/02229




Cour de Cassation Chambre civile 2 Audience publique du 3 janvier 1969 N° de pourvoi: 67-13391 Publié au bulletin
Le point de vue des avocats :

Président : PRESIDENT : M. CONSTANT, CONSEILLER DOYEN, FAISANT FONCTIONS RAPPORTEUR : M. CRESPIN AVOCAT GENERAL : M. ALBAUT AVOCATS : MM. COPPER-ROYER ET PRADON;

Titrages et résumés : RESPONSABILITE CIVILE FAUTE VOISINAGE BRUITS BRUITS INHERENTS A L'USAGE NORMAL D'UN APPARTEMENT DEPASSEMENT DES INCONVENIENTS NORMAUX DE VOISINAGE EXAMEN NECESSITE LES TROUBLES DE VOISINAGE DOIVENT DONNER LIEU A DES DOMMAGES-INTERETS DANS LA MESURE OU ILS EXCEDENT LES INCONVENIENTS NORMAUX DU VOISINAGE.

REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Sur le premier moyen pris en la première branche :
Vu l'article 1382 du Code civil ;
Attendu que les troubles de jouissance doivent donner lieu à des dommages-intérêts dans la mesure où ils excèdent les inconvénients normaux du voisinage ; Attendu qu'il résulte de l'arrêt confirmatif attaqué que les époux X..., prétendant subir un préjudice, en raison de bruits provenant de l'appartement situé au-dessus du leur, et occupé par son propriétaire Roche, ont assigné celui-ci en payement de dommages-intérêts ;

Attendu qu'après avoir constaté que depuis l'installation de Roche dans son appartement, les époux X... avaient eu à souffrir de bruits en provenant, qu'une expertise avait établi que les bruits de pas, d'aspirateur, de déplacement ou de choc d'objets sur le sol, émanant dudit appartement s'entendaient très distinctement au-dessous, et qu'un constat d'huissier avait montré l'importance des bruits, auxquels s'étaient ajoutés ceux d'un appareil de T.S.F. et ceux d'un vide-ordures, l'arrêt a cependant rejeté la demande, au motif qu'une utilisation normale des lieux par Roche et les personnes dont il devait répondre ; Qu'en se déterminant par de tels motifs sans rechercher si l'usage, même normal, de son appartement par Roche, n'avait pas eu pour effet de créer pour X..., des troubles dépassant les inconvénients normaux du voisinage, la Cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ;

ATTENDU QU'APRES AVOIR CONSTATE QUE DEPUIS L'INSTALLATION DE ROCHE DANS SON APPARTEMENT, LES EPOUX X... AVAIENT EU A SOUFFRIR DE BRUITS EN PROVENANT, QU'UNE EXPERTISE AVAIT ETABLI QUE LES BRUITS DE PAS, D'ASPIRATEUR, DE DEPLACEMENT OU DE CHOC D'OBJETS SUR LE SOL, EMANANT DUDIT APPARTEMENT S'ENTENDAIENT TRES DISTINCTEMENT AU-DESSOUS, ET QU'UN CONSTAT D'HUISSIER AVAIT MONTRE L'IMPORTANCE DES BRUITS, AUXQUELS S'ETAIENT AJOUTES CEUX D'UN APPAREIL DE T.S.F. ET CEUX D'UN VIDE-ORDURES, L'ARRET A CEPENDANT REJETE LA DEMANDE, AU MOTIF QUE CES DIFFERENTS ELEMENTS N'AVAIENT PAS REVELE AUTRE CHOSE QU'UNE UTILISATION NORMALE DES LIEUX PAR ROCHE ET LES PERSONNES DONT IL DEVAIT REPONDRE ;

QU'EN SE DETERMINANT PAR DE TELS MOTIFS SANS RECHERCHER SI L'USAGE, MEME NORMAL, DE SON APPARTEMENT PAR ROCHE, N'AVAIT PAS EU POUR EFFET DE CREER POUR X..., DES TROUBLES DEPASSANT LES INCONVENIENTS NORMAUX DU VOISINAGE, LA COUR D'APPEL N'A PAS DONNE DE BASE LEGALE A SA DECISION ;

PAR CES MOTIFS, ET SANS QU'IL Y AIT LIEU DE STATUER SUR LES AUTRES BRANCHES DU MOYEN ET SUR LE SECOND MOYEN ;

CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU ENTRE LES PARTIES PAR LA COUR D'APPEL DE PARIS (6E CHAMBRE) , LE 13 FEVRIER 1967 ;

REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL D'ORLEANS.

N° 67-13.391. X... C/ DAME X.... PRESIDENT : M. CONSTANT, CONSEILLER DOYEN, FAISANT FONCTIONS. - RAPPORTEUR : M. CRESPIN. - AVOCAT GENERAL : M. ALBAUT. - AVOCATS : MM. COPPER-ROYER ET PRADON. A RAPPROCHER : 28 MARS 1968, BULL. 1968, II, N° 102, P. 69.

PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen et sur le second moyen :
CASSE ET ANNULE L'arrêt rendu entre les parties par la Cour d'appel de Paris (6° Chambre), le 13 février 1967 ; remet, en conséquence, la cause et les parties au même et semblable état où elles étaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la Cour d'appel d'Orléans.

Publication : A RAPPROCHER : 28 mars 1968, Bull. 1968, II, n° 102, p. 69


Décision attaquée : du 03 Janvier 1969


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