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Utilisation d’internet au travail : chiffres et logiciels espions

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Comment encadrer l'utilisation faite d'internet par les salariés au travail ? Cette question récurrente n'apporte aucune réponse claire. En effet, tout dépend de l'activité de l'entreprise, des moyens utilisés, des opérations effectuées…

D'après une étude Olféo, les salariés passent plus d'une heure par jour en moyenne sur internet à des fins personnelles. Cependant, ils consacrent également de plus en plus de temps personnel à leur travail.

 

I. L'étude : chiffres et enjeux

L'enquête réalisée par l'éditeur de logiciels Olfeo, intitulée "la réalité de l'utilisation d'internet au bureau" nous apporte quelques informations utiles :

- les connexions extra professionnelles représentent 28,5 jours par an ;

- le temps perdu coûte 2,4 mois de salaire soit :

  • 13.150 euros pour un cadre ;

  • 4.989 euros pour les professions intermédiaires ;

  • 4.835 euros pour un employé ;

  • 5.067 euros pour un ouvrier.

L'étude évalue les pertes en productivité à 13,6% par an.

Les catégories de sites les plus consultés sont :

  • forum, blog (19%) ;

  • partage de vidéo, replay (18%) ;

  • actualités (17%) ;

  • réseaux sociaux (11%) ;

  • commerce en ligne (11%) …

Et pourtant, le Président d'Olfeo, Alexandre Souillé clame que "la première préoccupation des entreprises en matière d'internet, c'est plutôt leur responsabilité pénale, et les problèmes liés au virus. Le contrôle des données personnelles n'intervient qu'en troisième position".

D'après cette étude et les chiffres qu'elle met en avant, l'entreprise doit maîtriser plusieurs enjeux :

  • la productivité via l'encadrement de l'utilisation d'internet au travail notamment par la mise en place d'une charte informatique ;
  • la disponibilité au niveau du réseau : maîtrise des performances du réseau ;

  • le juridique : utilisation des jeux en ligne illicites, propos diffamatoires… ;

  • la sécurité : le surf suppose des portes ouvertes pour des logiciels malveillants ;

  • la réputation sur le net ;

  • les fuites d'informations via les messageries mails et instantanées, les réseaux sociaux.


II. Les limites à l'utilisation d'internet et des logiciels espions

"L'employeur peut choisir d'interdire l'accès à certains sites, déterminer une durée de connexion hebdomadaire pour ces derniers ou encore bannir certains mots clés" rappelle Alexandre Souillé.

Aujourd'hui, 95% des entreprises donnent un accès libre à Internet à leurs collaborateurs, mais des limites à l'utilisation d'internet peuvent être instaurées par l'employeur. Pourtant, celui-ci doit avertir ses salariés ainsi que les instances représentatives du personnel des méthodes de contrôle mises en place.

Dans tous les cas, l'ensemble des sites internet consultés sont conservés dans l'historique de la navigation que l'employeur a l'obligation légale de garder. En cas d'abus pouvant impacter l'activité de l'entreprise, une enquête pourra être réalisée.

L'employeur peut fixer des conditions et limites à l'utilisation des outils informatiques, mais la surveillance exercée ne doit pas porter atteinte à leurs droits.

L'employeur peut parfois être tenté d'utiliser des méthodes de surveillance très intrusives afin de contrôler l'activité de leurs salariés depuis leur poste informatique via des logiciels qui permettent d'enregistrer les frappes effectuées par le salarié sur son clavier.

Ces outils d'espionnage sont appelés des "keyloggers". Ces logiciels sont parfois téléchargeables gratuitement depuis le web.

Leur fonctionnement reste simple puisqu'une fois installés, ils se lancent automatiquement à chaque démarrage de la session de l'utilisateur, bien évidemment, sans que celui-ci ne s'en rende compte. Toutes les actions effectuées par le salarié sont enregistrées avec un "horodatage".

La mise en place de logiciels espions dans un contexte professionnel ne peut être utilisée qu'en "cas d'impératif fort de sécurité, et d'une information spécifique des personnes concernées". Par exemple, la lutte contre la divulgation de secrets industriels pourrait être considérée comme un impératif fort de sécurité. Cependant, il semble impératif de faire très attention quant à l'utilisation de ces logiciels.

La CNIL effectue des contrôles afin de vérifier les conditions d'utilisation de ces dispositifs très particuliers. Elle vient notamment de mettre en demeure une entreprise française afin qu'elle cesse d'espionner ses salariés via les frappes effectuées sur leurs claviers. Elle a estimé que le dispositif mis en place portait une atteinte excessive à la vie privée des salariés concernés, et que dès lors il était illicite au regard de la loi "informatiques et libertés".

En effet, ce type de logiciel permet une surveillance constante et permanente de l'activité professionnelle des salariés qui utilisent le poste informatique.

L'utilisation ou la vente de certains dispositifs de captation de données informatiques à l'insu des personnes concernées est puni de 5 ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende (loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure du 14 mars 2011).

Sources : Cadremploi 21 mars 2013 ; Actu CNIL 20 mars 2013



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