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Utilisation d’internet au travail : 1H15 / jour à chômer

Par , Responsable éditoriale - Modifié le 30-03-2016

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Utilisation d’internet au travail : 1H15 / jour à chômer Juritravail

Les salariés passent l'équivalent de 4 semaines de vacances par an à surfer à titre personnel au travail ! D'après une étude Olféo de 2016, les employés ayant accès à internet sur leur lieu de travail passent de plus en plus de temps à surfer à des fins personnelles pendant les heures de travail. En deux ans - entre 2013 et 2015 -  le surf perso est passé de 1H par jour en moyenne à 1H15 par jour. Comment encadrer l'utilisation faite d'internet par les salariés sur leur lieu de travail ? 

L'étude Olféo de mars 2016 : chiffres et enjeux

1H15 par jourconsacrée au surf perso

L'enquête réalisée par l'éditeur de logiciels Olfeo, intitulée "la réalité de l'utilisation d'internet au bureau" nous apporte quelques informations utiles :

  • le temps consacré aux connexions extra professionnelles représente l'équivalent de 1 mois par an (contre 28,5 jours par an en 2013) soit l'équivalent de 4 semaines de vacances par an consacrées au surf personnel sur le temps de travail ;

  • engendre une chute de la productivité de 17,6%

  • les employés passent en moyenne 2h10 par jour sur Internet sur leur lieu de travail, dont seulement 42% à titre professionnel

Ces chiffres sont bien supérieurs à ceux de 2013, où le temps perdu avoisinait déjà les 2,4 mois de salaire (soit 13.150 euros pour un cadre, 4.989 euros pour les professions intermédiaires, 4.835 euros pour un employé et 5.067 euros pour un ouvrier).

17,6% de perte de productivité

Les pertes en productivité deviennent vraiment importantes puisque l'on passe de 17,6% de pertes par an en 2015, contre 13,6% par an en 2013.

Les catégories de sites les plus consultés ont légèrement évolué en deux ans, sachant que la consultation des sites de médias arrive en tête :

  • 21% actualité et médias (17% en 2013)
  • 19% forum, blog (inchangé par rapport à 2013)
  • 15% partage de vidéo, replay (18% en 2013)
  • 13% commerce en ligne (11% en 2013)
  • 9% réseaux sociaux (11% en 2013)

Et pourtant, le Président d'Olfeo, Alexandre Souillé clame que "la première préoccupation des entreprises en matière d'internet, c'est plutôt leur responsabilité pénale, et les problèmes liés au virus. Le contrôle des données personnelles n'intervient qu'en troisième position".

D'après cette étude et les chiffres qu'elle met en avant, l'entreprise doit maîtriser plusieurs enjeux :

  • la productivité via l'encadrement de l'utilisation d'internet au travail ;
  • la disponibilité au niveau du réseau : maîtrise des performances du réseau ;
  • le juridique : utilisation des jeux en ligne illicites, propos diffamatoires… ;
  • la sécurité : le surf suppose des portes ouvertes pour des logiciels malveillants ;
  • la réputation sur le net et les réseaux sociaux ;
  • les fuites d'informations via les messageries mails et instantanées.

Les limites à l'utilisation d'internet et des logiciels espions

"L'employeur peut choisir d'interdire l'accès à certains sites, déterminer une durée de connexion hebdomadaire pour ces derniers ou encore bannir certains mots clés" rappelle depuis deux ans Alexandre Souillé.

95% des PMEautorisent l'accès à internet

De nos jours, 95% des entreprises donnent un accès libre à Internet à leurs collaborateurs, mais des limites à l'utilisation d'internet peuvent être instaurées par l'employeur. Pourtant, celui-ci doit avertir ses salariés ainsi que les instances représentatives du personnel des méthodes de contrôle mises en place.

Dans tous les cas, l'ensemble des sites internet consultés sont conservés dans l'historique de la navigation que l'employeur a l'obligation légale de garder. En cas d'abus pouvant impacter l'activité de l'entreprise, une enquête pourra être réalisée.

L'utilisation d'internet au travail doit rester raisonnable, ne pas affecter la sécurité des réseaux ou la productivité de l'entreprise concernée

CNIL

L'employeur peut fixer des conditions et limites à l'utilisation des outils informatiques, mais la surveillance exercée ne doit pas porter atteinte à leurs droits.

L'employeur peut parfois être tenté d'utiliser des méthodes de surveillance très intrusives afin de contrôler l'activité de ses salariés depuis son poste informatique via des logiciels qui permettent d'enregistrer les frappes effectuées par le salarié sur son clavier.

Ces outils d'espionnage sont appelés des "keyloggers". Ces logiciels sont parfois téléchargeables gratuitement depuis le web.

Leur fonctionnement reste simple puisqu'une fois installés, ils se lancent automatiquement à chaque démarrage de la session de l'utilisateur, bien évidemment, sans que celui-ci ne s'en rende compte. Toutes les actions effectuées par le salarié sont enregistrées avec un "horodatage".

La mise en place de logiciels espions dans un contexte professionnel ne peut être utilisée qu'en "cas d'impératif fort de sécurité, et d'une information spécifique des personnes concernées". Par exemple, la lutte contre la divulgation de secrets industriels pourrait être considérée comme un impératif fort de sécurité. Cependant, il semble impératif de faire très attention quant à l'utilisation de ces logiciels.

La CNIL effectue des contrôles afin de vérifier les conditions d'utilisation de ces dispositifs très particuliers. Elle vient notamment de mettre en demeure une entreprise française afin qu'elle cesse d'espionner ses salariés via les frappes effectuées sur leurs claviers. Elle a estimé que le dispositif mis en place portait une atteinte excessive à la vie privée des salariés concernés, et que dès lors il était illicite au regard de la loi "informatiques et libertés".

En effet, ce type de logiciel permet une surveillance constante et permanente de l'activité professionnelle des salariés qui utilisent le poste informatique.

L'utilisation ou la vente de certains dispositifs de captation de données informatiques à l'insu des personnes concernées est puni de 5 ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende (article 226-3 du Code pénal).

Mieux vaut mettre en place dans l'entreprise une Charte informatique et libertés, car le règlement intérieur n'est pas adapté.

Réglementation de l'usage d'internet au travail

Rédiger votre charte Internet

Source : Olféo, mars 2016, CNIL

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