Qu'est-ce que la pension alimentaire ?
Il s'agit d'une contribution à l'entretien et l'éducation de l'enfant versée au parent qui en a la garde. Son montant est fixé à proportion des ressources de chaque parent, des besoins de l'enfant, et de l'amplitude du droit de visite et d'hébergement (1). Il peut être déterminé à l'amiable entre les parents, par acte notarié, convention homologuée, convention ayant reçu force exécutoire de la Caisse d'allocations familiales (CAF), ou à défaut d'accord, par décision du juge aux affaires familiales (2).
À noter : la pension alimentaire peut également être versée par l'un des époux à l'autre durant une procédure de séparation de corps ou de divorce (3). Le présent article se concentre exclusivement sur la pension alimentaire versée au titre de l'entretien et de l'éducation des enfants.
Le ministère de la Justice a publié une table de référence permettant d'estimer le montant d'une pension alimentaire, mais celle-ci n'a qu'une valeur indicative (4). Le montant de la pension alimentaire peut être révisé, voire supprimé si la situation des parents ou de l'enfant évolue.
Quelles sont les conditions pour ne pas payer de pension alimentaire ?
Seules deux situations rendent le versement d'une pension alimentaire facultatif : la garde alternée et l'impécuniosité (difficultés financières).
La garde alternée
En garde alternée, chaque parent héberge l'enfant à temps égal et assume en principe les charges correspondantes, ce qui peut dispenser du versement d'une pension alimentaire. Toutefois, si une disparité de revenus existe entre les parents, le juge peut décider du versement d'une pension pour compenser ce déséquilibre.
L'impécuniosité
Si la garde de l'enfant est confiée à l'un des parents, l'autre doit en principe contribuer à son entretien par le versement d'une pension alimentaire. Il peut en être déchargé uniquement s'il se trouve dans une situation d'impécuniosité, c'est-à-dire dans l'impossibilité de faire face à ses obligations financières. Une simple insuffisance de revenus ne suffit pas, seule une véritable incapacité financière, appréciée par le juge, peut justifier cette dispense.
À noter : la contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant étant une disposition d'ordre public, aucun parent ne peut valablement renoncer à en réclamer le versement, ni en décharger l'autre parent de sa propre initiative (5).
Quels sont les risques de ne pas payer la pension alimentaire ?
Le non-paiement de la pension alimentaire vous expose à des sanctions pénales. En effet, à compter de deux impayés, vous commettez un délit d'abandon de famille sanctionné de 2 ans d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende (6).
En outre, le créancier de la pension alimentaire (soit l'autre parent, auquel la pension doit être versée) dispose de multiples moyens de recouvrement. Il peut se rapprocher de :
- la caisse d'allocations familiales (CAF) ;
- la mutualité sociale agricole (MSA) ;
- du Trésor public ;
- d'un commissaire de justice ;
- d'un juge pour engager des voies de recouvrement forcées.
Quand arrêter de payer une pension alimentaire ?
La pension alimentaire cesse d'être versée dès lors que l'enfant est en mesure de subvenir lui-même à ses besoins.
Attention toutefois, la suppression de la pension alimentaire n'est pas automatique à la majorité de l'enfant. Même majeur, l'enfant peut avoir besoin du soutien financier de ses parents, par exemple s'il poursuit des études. Dans ce cas, la pension pourra lui être versée directement, sur sa demande ou à la demande du parent qui en assume la charge principale (7).
À noter : pour obtenir la suppression de la pension alimentaire, vous avez besoin d'une décision de justice. Il appartiendra au parent ou à l'enfant qui prétend au maintien de la pension alimentaire, de justifier que celle-ci ne peut pas subvenir à ses propres besoins, et du caractère sérieux de la poursuite de ses études ou de sa recherche d'emploi. La date de fin de versement peut aussi être prévue dans le jugement.
Références :
(1) Article 371-2 du Code civil
(2) Article 373-2-2 du Code civil
(3) Articles 303 et 255 du Code civil
(4) Cass. 1e civ, 23 octobre 2013, n°12-25301 ; Table de référence
(5) Cass. 1e civ, 21 novembre 2018 n°17-27054 ; Cass. 1e civ, 5 décembre 2012, n°11-19779
(7) Article 227-3 du Code pénal
(8) Article 373-2-5 du Code civil





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