Qu'est-ce-que le conseil de prud'hommes (CPH) ?
Définition
Le CPH est une juridiction intervenant dans le cadre du droit du travail (1).
Cette juridiction permet de régler les litiges existants :
- entre l'employeur et le salarié à l'occasion des relations de travail :
- dans le cadre de la rupture du contrat de travail du salarié (licenciement, rupture conventionnelle du CDI, démission).
Le CPH est donc compétent pour régler les litiges liés aux relations individuelles.
Composition
Le CPH est composé de 5 sections (2) :
- commerce ;
- industrie ;
- agricole ;
- encadrement et activités diverses ;
- formation en référé.
Chacune de ces sections possède un président et un vice-président. Ces rôles sont occupés alternativement par un employeur et un salarié, suivant un roulement établi par le règlement intérieur du CPH (3).
Le CPH est également composé de conseillers prud'homaux (juges non-professionnels nommés pour 4 ans (4)) représentant les salariés et les employeurs.
La juridiction paritaire est chargée de résoudre les conflits du travail, elle fonctionne avec un nombre égal de conseillers salariés et de conseillers employeurs (5 de chaque), afin d’assurer un équilibre et une représentation équitable des deux parties (5).
Qui peut saisir le conseil de prud'hommes ?
Peut saisir le CPH, tout salarié qui dispose d'un contrat de travail de droit privé, en France (6).
Dans la pratique, cela concerne notamment :
- les salariés ayant un contrat de travail à durée déterminée (CDD) ou indéterminée (CDI) (y compris les journalistes, les VRP, etc.) ;
- les personnels des établissements publics industriels et commerciaux (EPIC) ;
- les assistants maternels et familiaux ;
- les personnes liées par un contrat aidé (contrat d'insertion, contrat d'accompagnement dans l'emploi, etc.) ;
- les salariés en contrat de professionnalisation ;
- les apprentis ;
- etc.
Pour quels litiges le conseil de prud'hommes est-il compétent ?
Le CPH est compétent pour régler les litiges pouvant naître à l'occasion de tout contrat de travail, entre un employeur et un salarié, que ce soit durant l’exécution du contrat ou au moment de sa rupture.
Quels sont les motifs justifiant d'aller devant les prud'hommes ?
Le salarié peut saisir le CPH pour défendre ses droits dans différentes situations, par exemple :
- demander un rappel de salaire ;
- demander le paiement d’heures supplémentaires ;
- contester un licenciement abusif ;
- etc.
Pour d’autres exemples de litiges pouvant être portés devant le CPH, consultez le guide complet.
Quels sont les délais pour saisir le conseil de prud'hommes ?
Avant de saisir le CPH, il est impératif de vérifier les délais de prescription , qui diffèrent selon la nature de la contestation.
Toute action portant sur l'exécution du contrat de travail se prescrit par exemple par (7) :
- 2 ans à compter du jour où celui qui l'exerce a connu, ou aurait dû connaître, les faits lui permettant d'exercer son droit ;
- 12 mois à compter de la notification de la rupture pour les actions portant sur la rupture du contrat de travail.
Des délais spécifiques existent également pour certains recours.
🔍 Pour des exemples détaillés d’actions pouvant être engagées devant le CPH et les délais de prescription correspondants, consultez le guide complet.
Quel conseil de prud'hommes le salarié doit-il saisir ?
Le CPH territorialement compétent est (9) :
- soit celui du lieu où est situé l'établissement dans lequel le salarié effectue son travail ;
- soit celui du lieu où se situe le siège social de l'entreprise qui emploie le salarié ;
- soit lorsque le travail est accompli à domicile ou en dehors de toute entreprise, celui dans le ressort duquel est situé le domicile du salarié (notamment pour les VRP).
Quelles démarches effectuer pour saisir le conseil de prud'hommes ?
Le salarié doit saisir le CPH (10) par requête adressée au greffe (11), soit sur papier libre soit en remplissant un formulaire prêt à l'emploi (12).
Pour être recevable, sa demande doit comporter les éléments suivants :
- les coordonnées du demandeur (le salarié) ;
- les coordonnées du défendeur (correspondant à l'employeur contre lequel la demande est réalisée) ;
- l'objet de la demande ;
- l'exposé sommaire des motifs de la demande accompagné des prétentions (correspondant aux sommes que le salarié réclame) ;
- les pièces que le salarié souhaite invoquer à l'appui des ses prétentions.
Quelles sont les différentes étapes de la procédure prud'homale ?
Une fois que le salarié a effectué cette démarche de réclamation, le bureau de conciliation et d'orientation (BCO) convoque les parties pour :
- entendre les explications de chacune des parties (13) séparément et en toute confidentialité ;
- tenter de les concilier (14) ;
- et surtout mettre fin au litige sans passer par un jugement.
Suite à cela, un procès-verbal est établi. En cas de conciliation totale ou partielle, le procès-verbal mentionne ce qui a été convenu entre les parties. Si tout ou partie de l’accord doit être exécuté immédiatement devant le BCO, cela doit être précisé.
À défaut de conciliation totale, les prétentions toujours contestées et les déclarations faites par les parties sur ces prétentions sont notées au dossier ou au procès-verbal. L'affaire est en dernier lieu orientée vers le bureau de jugement (15).
Existe-t-il une procédure d'urgence devant le conseil de prud'hommes ?
Pour rappel, certains litiges peuvent être tranchés plus rapidement par le conseil de prud’hommes grâce à la procédure de référé.
Cette procédure permet de prévenir un dommage imminent ou de faire cesser un trouble manifestement illicite.
Dans ce cas, c'est le BCO qui a la charge d'ordonner des mesures provisoires (16) dans l'attente d'un jugement sur le fond (= jugement rendu sur les faits et le Droit).
📌 Exemple :
Le salarié peut obtenir rapidement des documents que son employeur refusait jusque-là de lui délivrer, comme ses bulletins de paie, son attestation France Travail (anciennement Pôle emploi), son certificat de travail, etc.
Le salarié doit-il prendre un avocat pour l'audience ? Qui paie les frais d'avocat aux prud'hommes ?
Lors de l'audience devant le CPH, le salarié peut se faire assister (grâce à un pouvoir spécial) ou représenter (s'il ne peut pas comparaître lui-même) (17).
Toutefois, ce dernier n'a pas l'obligation de prendre un avocat.
Si les frais d'avocat peuvent s'avérer onéreux, vous pouvez demander le bénéfice de l’aide juridictionnelle, sous réserve de remplir les conditions de ressource. Peut-être aussi, avez vous souscrit une garantie protection juridique avec votre assurance habitation ou même avec votre carte bancaire. Dans ce cas, vous pouvez la solliciter pour vérifier ce que prévoit votre contrat.
📌 Bon à savoir :
Vous pouvez choisir de vous faire assister ou représenter par un salarié ou par un employeur appartenant à la même branche d'activité, par votre époux/conjoint, par votre partenaire de pacte civil de solidarité (PACS) ou par votre concubin, par un représentant syndical. Le représentant que vous choisissez doit justifier d'un écrit qui l'autorise à agir en votre nom et pour votre compte (18).
Combien coûte au total une procédure devant le conseil de prud'hommes ?
La saisine du conseil de prud’hommes, longtemps gratuite, est désormais soumise au paiement d’une contribution de 50 €. Cette somme, due par la partie qui engage la procédure, conditionne la recevabilité de la demande. Prévue par la loi de finances pour 2026, elle doit encore faire l’objet d’un décret d’application attendu d’ici le 1ᵉʳ mars 2026. Les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle en sont dispensés.
En cas d'échec de la procédure, quelles sont les voies de recours après un jugement du conseil de prud'hommes ?
Si le salarié perd devant les prud'hommes, il est possible qu'il soit condamné au paiement des dépens, c'est-à-dire, à payer les frais de procédure et à rembourser une partie des honoraires d'avocats de la partie adverse.
Cependant, la décision finale revient au juge. Il peut décider qu'une partie ou la totalité soit à la charge de l'autre partie par décision motivée (19).
Depuis le 1er septembre 2020, si vos demandes (vos prétentions dans le litige), ne dépassent pas 5.000 euros, vous ne pouvez pas faire appel.
En revanche, si tel est le cas, votre jugement est donc susceptible d'appel (20) et éventuellement, d'un pourvoi en cassation.
Attention ! Si vous décidez de faire appel, sachez que la représentation par avocat est obligatoire.
Références :
(1) Article L1411-3 du Code du travail
(2) Article L1423-1 du Code du travail
(3) Article L1423-4 du Code du travail
(4) Article L1442-3 du Code du travail
(5) Article L1421-1 du Code du travail
(6) Article L1411-1 du Code du travail
(7) Article L1471-1 du Code du travail
(8) Article L3245-1 du Code du travail
(9) Article R1412-1 du Code du travail
(10) Article R1452-1 du Code du travail
(11) Article R1452-2 du Code du travail
(12) Cerfa n°15586*09 - Requête aux fins de saisine du conseil de prud'hommes par un salarié
(13) Article R1454-10 du Code du travail
(14) Article L1454-1 du Code du travail
(15) Article L1454-1-1 du Code du travail
(16) Article R1455-10 du Code du travail et Article 484 du Code de procédure civile
(17) Article R1453-1 du Code du travail
(18) Article L1453-1 A du Code du travail
(19) Article 696 du Code de procédure civile
(20) Article L1462-1 du Code du travail






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