Est-il autorisé de porter un short ou un bermuda au travail ?
En principe, le droit de se vêtir comme il le souhaite est une liberté individuelle du salarié (1). Il pourrait donc choisir de venir au travail avec un short plutôt qu'un pantalon.
Néanmoins, la liberté de se vêtir n'est pas une liberté fondamentale et l'employeur peut prévoir des restrictions, notamment pour garantir l'image de l'entreprise (2).
La question de la tenue adaptée relève fortement des pratiques et usages en fonction de l'activité professionnelle.
Dans de nombreux secteurs, les shorts peuvent être considérés comme trop décontractés pour un environnement professionnel. Certaines entreprises commencent toutefois à adopter des politiques plus flexibles face aux vagues de chaleur ou aux canicules que nous pouvons subir. Les shorts de travail peuvent être acceptables dans des bureaux avec une culture d'entreprise décontractée, tant qu'ils sont portés avec des vêtements appropriés.
Dans les secteurs où l’apparence professionnelle est importante, tels que la finance ou le conseil, le port du short reste rare. Néanmoins, certaines entreprises adoptent des "casual Fridays" où des tenues plus décontractées sont permises, y compris des shorts, des pantacourts ou des bermudas.
L'employeur peut-il interdire aux salariés certaines tenues au travail (short, bermuda, jupe) ?
À partir du moment où elles sont justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché, votre employeur peut vous imposer des contraintes vestimentaires et donc vous interdire de venir travailler en short ou en tongs.
Des restrictions concernant la tenue vestimentaire peuvent en effet être précisées dans :
- le règlement intérieur applicable à l'entreprise (3) ;
- votre contrat de travail ;
- une note de service ;
- ou encore par votre convention collective.
Les restrictions à la liberté de se vêtir sont justifiées et proportionnées lorsqu'il s'agit de :
- répondre à des impératifs de sécurité (exemple : manipulation de produits dangereux ou de matières dangereuses...) ;
- satisfaire à des exigences commerciales (exemple : contact avec la clientèle, image de l'entreprise...).
La restriction à la liberté de se vêtir ne doit cependant pas être arbitraire, ni discriminatoire. Si le port du short est autorisé pour le personnel féminin, il se doit de l'être pareillement pour le personnel masculin.
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Un salarié peut-il être sanctionné ou licencié en raison de sa tenue vestimentaire ?
Le Code du travail ne fixe pas de mesure en matière de tenue attendue au travail, que ce soit la longueur minimale pour un short, un bermuda de travail, une robe ou une jupe, ni même la taille d'un décolleté. Un salarié n'est pas autorisé pour autant à venir travailler sans être habillé correctement pour exercer ses fonctions.
Lorsque la contrainte vestimentaire imposée au salarié est justifiée par la nature de la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché et que le salarié refuse de s'y soumettre, l'employeur a la possibilité de prendre une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu'à son licenciement.
📌 Exemples :
- est justifié le licenciement d'une salariée, qui ne porte pas de soutien-gorge sous un chemisier transparent et qui refuse de changer sa tenue suggestive : la tenue a été considérée comme de nature à créer un trouble au sein de l'entreprise (4) ;
- est justifié le licenciement d'un ouvrier charcutier qui, en raison de sa tenue malpropre, a provoqué des remarques des clients (5).
Certaines affaires sont très anciennes (l'affaire du chemisier remontant à 1986) et la réponse de la Cour serait peut-être différente de nos jours, mais il est recommandé de rester prudent en l'absence de revirement de jurisprudence.
Lorsque l'employeur impose une tenue, doit-il en financer l'entretien ?
Lorsque le port de vêtements de travail est obligatoire et inhérent à l'emploi, l'employeur doit assurer la charge de son entretien (6). Cette obligation découle de la responsabilité de l'employeur de fournir un environnement de travail sûr et sain, ce qui inclut des vêtements de travail propres et en bon état.
Par conséquent, l'employeur doit :
- soit prendre en charge le nettoyage des vêtements ;
- soit indemniser le salarié pour les frais d'entretien.
Cette mesure permet d’éviter que les salariés aient à supporter des frais supplémentaires liés à l’entretien de leur tenue.
Peut-on travailler en short dans le bâtiment ?
Est-il possible de porter un short dans le secteur du bâtiment (BTP) en période de canicule ?
La question du port d'une tenue légère en été revêt une dimension particulière dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP). En effet, le travail est souvent réalisé en extérieur et sous des températures élevées, rendant le port de vêtements adaptés crucial pour le confort des employés. Le port de shorts, bermudas de travail, mini-jupes et tongs n'est généralement pas autorisé pour des raisons de sécurité.
Les règles de sécurité sur les chantiers imposent des tenues spécifiques : pantalons longs, chaussures de sécurité et équipements de protection individuelle (EPI) sont obligatoires pour prévenir les risques d'accidents. Les entreprises du BTP doivent donc trouver un équilibre entre le confort des travailleurs et le respect des normes de sécurité en consultant les membres du CSE. Certains employeurs optent pour des vêtements légers mais conformes aux normes, comme des pantalons en matériaux respirants et des chaussures de sécurité ventilées.
Notez que le secteur du BTP se caractérise par la coexistence de conventions nationales, régionales, départementales ou locales. Vous trouverez toutes les informations au sein de notre dossier dédié à la Convention collective Bâtiment Ouvriers (entreprises jusqu'à 10 salariés) : la synthèse.
L'obligation de santé et sécurité de l'employeur sur un chantier
La sécurité et la santé des employés au travail sont des obligations légales pour les employeurs, particulièrement dans le secteur du BTP. Selon le Code du travail, l'employeur doit évaluer les risques et mettre en place des mesures de prévention adaptées. Cela inclut la fourniture de vêtements et d'équipements de protection appropriés, ainsi que des aménagements pour réduire les risques liés à la chaleur.
En période de canicule, les employeurs doivent être particulièrement vigilants. Ils peuvent mettre en place des mesures spécifiques comme des pauses régulières, des zones d'ombre, etc. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions pour l'employeur et compromettre la sécurité des travailleurs.
💡Le décret du 27 mai 2025 vise à définir les mesures de protection des travailleurs en période de forte chaleur notamment par la prise en compte des conditions atmosphériques pour l'adaptation des équipements de protection, mais également par l'aménagement des horaires de travail afin d'éviter au maximum de devoir travailler pendant les périodes les plus chaudes de la journée (7).
Comment déterminer si vous avez une tenue estivale appropriée au travail ?
Si vous souhaitez connaître l'étendue de vos possibilités vestimentaires pendant le travail, il est recommandé de se référer à ces documents :
- le règlement intérieur : afin de connaître la politique vestimentaire de votre entreprise ;
- les normes de sécurité : si vous travaillez dans un secteur à risques comme le BTP, il est important de bien utiliser les équipements de protection, même s'il fait chaud ;
- le DUERP (Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels) : outil essentiel pour identifier et prévenir les risques liés aux conditions de travail, y compris les risques liés à la chaleur. Consultez-le pour connaître les mesures spécifiques mises en place par votre entreprise pour assurer votre sécurité et votre confort pendant les périodes de forte chaleur.
(1) Article L1121-1 du Code du travail
(2) Cass, Soc. 28 mai 2003, n° 02-40273
(3) Article L1321-3 du Code du travail
(4) Cass, Soc. 22 juillet 1986, n° 82-43824
(5) Cass, Soc. 29 février 1984, n° 81-42321
(6) Cass, Soc. 21 mai 2008, n° 06-44044
(7) Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur



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