Définition : qu'est-ce qu'une convention individuelle de forfait en jours ?
La convention individuelle de forfait en jours est un dispositif permettant de décompter le temps de travail du salarié concerné en nombre de jours (ou demi-journées) effectuées sur l'année (1). Il diffère donc du système classique qui repose sur un décompte des heures effectuées par jour.
🔍 Pour en savoir plus sur la définition de ce mécanisme particulier, consultez notre actualité dédiée : Convention de forfait jours : votre convention collective est-elle à jour ?
Le salarié en contrat de forfait jours est-il soumis aux durées légales de travail ?
Puisque le temps de travail du salarié en forfait jours est décompté en jours, celui-ci n'est pas soumis (2) :
- à la durée quotidienne maximale de travail effectif (10 heures par jour, hors exceptions et dérogations) ;
- aux durées hebdomadaires maximales de travail (48 heures ou 44 heures sur 12 semaines consécutives au maximum par semaine) ;
- ainsi qu'à la durée légale hebdomadaire (35 heures par semaine).
En revanche, cela ne signifie pas que la charge de travail du salarié est sans limites : il doit lui être garanti le respect de durées raisonnables de travail ainsi que des repos (3) :
- journaliers (11 heures par jour) (4) ;
- et hebdomadaires (35 (24 + 11) heures par semaine + interdiction de travailler plus de 6 jours par semaine) (5).
Voici un tableau récapitulatif :
| Règles non applicables au salarié en forfait jours | Règles applicables au salarié en forfait jours |
| Durée quotidienne maximale de travail effectif (10h) Durées hebdomadaires maximales de travail (48h/44h) Durée légale hebdomadaire (35h) | Durée de travail raisonnable Durées de repos journalier (11h) et hebdomadaire (35h) |
En conclusion, une convention de forfait en jours, et sa mise en œuvre, ne doivent pas conduire à méconnaître le droit à la santé, à la sécurité et au repos du travailleur.
Le salarié en forfait jours a-t-il droit aux mêmes congés payés annuels que les autres salariés ?
5 semaines de CPpar an
Oui : le salarié en forfait jours a, comme tous les autres salariés, droit a un congé payé chaque année.
De ce fait, il acquiert 2,5 jours de congés payés par mois de travail effectif, soit 30 jours (5 semaines) de congés payés par an (6). Il a également droit aux jours de congés exceptionnels pour événement familial, prévus par le Code du travail ou sa convention collective.
💡 Bon à savoir : votre convention collective peut prévoir des avantages en la matière (avantages liés à l'ancienneté, etc.). Pensez à vérifier la vôtre !
Attention à ne pas confondre les CP annuels avec les jours de repos/RTT.
🔍 Cet article peut également vous intéresser : Chômage partiel des cadres au forfait jours : tout savoir
Combien de jours de repos supplémentaires le salarié en forfait jours a-t-il droit en 2026 ? Combien de RTT par an ?
Que veut-on dire par "RTT du salarié en forfait jours" ?
Pour mémoire, le forfait jours est plafonné à 218 jours de travail par an (7). Il s'agit d'un plafond légal : l'accord collectif ne peut pas fixer un seuil supérieur, mais peut tout à fait fixer un seuil inférieur.
Afin de respecter ce seuil (ou un autre seuil inférieur convenu), des jours de repos supplémentaires sont accordés au salarié en forfait jours. Ce sont ces jours qui sont généralement nommés "jours de RTT" (= jours de réduction du temps de travail).
💡 Bon à savoir : ces jours de repos ne remplacent pas les congés payés ou les jours fériés chômés, mais s'y ajoutent.
Comment calculer le nombre de RTT en 2026 si vous êtes salarié ou cadre en forfait jours ?
Ce nombre de jours de RTT est variable d'une année à l'autre, puisqu'il va notamment dépendre du nombre de jours contenus dans l'année en cours, ainsi que le nombre de jours ouvrés.
La formule de calcul à appliquer est la suivante :
Nombre de jours de RTT = Jours de l'année - (jours de forfait + congés payés + jours de repos hebdomadaires + jours fériés tombant sur des jours travaillés)
9 jours de RTTen 2026
Prenons un exemple, pour 2026 :
- le nombre de jours dans l'année (365 cette année) ;
- le nombre maximal de jours travaillés prévus par le forfait (218 jours ouvrés pour un salarié avec un forfait de 218 jours) ;
- les 25 jours de congés payés ;
- les 104 jours de repos hebdomadaires (samedi et dimanche) ;
- les 9 jours fériés tombant sur des jours travaillés (cette année).
Ainsi, en 2026, il faut appliquer le calcul suivant :
365 jours - (218 jours + 25 jours + 104 jours + 9 jours) = 365 jours - 356 jours = 9 jours.
📌 Bilan : en 2026, le salarié au forfait jours bénéficie de 9 jours de RTT (contre 8 en 2025, l'année comptant 10 jours fériés tombant en semaine).
Est-ce possible de renoncer à des jours de repos ?
Renoncer à ses jours de repos : possible, sous conditions
Oui : il est possible, pour le salarié, de renoncer à une partie de ses jours de repos. Cette renonciation doit impérativement faire l'objet d'un accord, établi par écrit, entre le salarié et l'employeur (8).
Attention au respect du nombre maximal de jours travaillés par an
235 jours travaillésplafond applicable
Lorsque le salarié renonce à des jours de repos, le nombre maximal de jours travaillés dans l'année est fixé à 235 jours (à défaut de précision par l'accord collectif) (9).
De plus, renoncer à des jours de repos ne doit pas conduire à être une surcharge de travail ou à la violation des temps de repos ou du droit à la déconnexion, qui doivent être respectés par l'employeur et le salarié.
NB : on parle de "droit à la déconnexion" pour désigner le droit qu'a un salarié de ne pas se connecter à ses outils de travail sur ses temps de repos, de manière à pouvoir articuler sereinement sa vie professionnelle et sa vie privée.
L'avantage d'une majoration salariale pour le salarié
Ce temps de travail supplémentaire présente l'avantage, pour le salarié, d'être rémunéré avec majoration. Cette majoration doit être prévue par avenant à la convention (valable seulement pour l'année en cours), et ne peut être inférieure à 10 % (8).
⚠ Attention : cette renonciation ne concerne pas les repos quotidiens, hebdomadaires, congés payés, etc.
Références :
(1) Article L3121-54 du Code du travail
(2) Article L3121-62 du Code du travail
(3) Cass. Soc. 5 juillet 2023, n°21-23387
(4) Article L3131-1 du Code du travail
(5) Articles L3132-1 et L3132-2 du Code du travail
(6) Article L3141-3 du Code du travail
(7) Article L3121-64 du Code du travail
(8) Article L3121-59 du Code du travail
(9) Article L3121-66 du Code du travail






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